Pyeongchang : Ce que rapportent les médailles olympiques

102 médailles d’or vont être distribuées pendant la quinzaine des Jeux d’hiver en Corée du Sud, à Pyeongchang. Mais combien rapportent-elles ? De l’or au bronze, du Kazakhstan au Canada, tous les métaux ne se valent pas et tous les pays n’ont pas la même politique en ce qui concerne les récompenses attribuées à leurs athlètes.

En remportant son troisième sacre olympique, lundi, sur la poursuite, Martin Fourcade est entré un peu plus dans l’histoire du sport français, en égalant notamment le record de titres sur des Jeux d’hiver, détenu jusqu’alors par Jean-Claude Killy.

Il s’est aussi offert un joli chèque ! 50 000 €, c’est le montant récompensant le gain d’une médaille d’or aux JO. En comparaison, une victoire en Coupe du monde lui rapporte environ 13 000 €.

Martin Fourcade a décroché son troisième titre olympique en Corée du Sud. Pour une victoire sur le circuit mondial, il empoche 13 000 €, autant que pour le bronze olympique. (Photo : Kirill Kudryavtsev / AFP)

Cette prime olympique, de même que celles accordées aux médaillés d’argent et de bronze, n’a pas évolué depuis les Jeux de Londres en 2012. De fait, Alexis Pinturault, avec sa deuxième place sur le combiné, a empoché 20 000 €, tandis que Victor Muffat-Jeandet, sur la troisième marche du podium, va pouvoir déposer 13 000 € sur son compte en banque. Enfin presque.

En France, des primes très encadrées

Car en France, ces primes sont très encadrées et fixées par arrêté ministériel. En effet, l’équipe de France olympique dépend du CNOSF (Comité national olympique et sportif français), qui découle lui-même du ministère des Sports. Les athlètes doivent donc partager leur récompense avec leur fédération et leur encadrement, qui s’en voient verser une partie.

Le seuil était de 50 % à Rio, lors des derniers Jeux d’été. Sur les 50 000 € d’un médaillé d’or, 25 000 €, au maximum, n’allaient donc pas directement dans sa poche.

Il n’y a également pas de discrimination dans les récompenses. Aucune distinction n’est faite entre les hommes, les femmes ni les disciplines. Ski, patinage ou lancer de javelot, en France tous les athlètes sont logés à la même enseigne, été comme hiver. Il en va de même pour les athlètes paralympiques, ainsi que leurs guides.

D’un pays à l’autre, des récompenses différentes

Mais tous les pays n’offrent pas les mêmes primes à leurs sportifs olympiques. Et les écarts sont parfois démesurés d’une nation à l’autre. Le Canadien Mikaël Kingsbury, sacré champion olympique sur les bosses à Pyeongchang, a reçu 20 000 dollars canadiens, soit un peu moins de 13 000 €, le montant pour une médaille de bronze française. Les Américains, eux, ont fixé la prime à la hausse. L’or olympique rapporte environ 30 000 €. Une prime non imposable, contrairement à celle des Canadiens.

Au petit jeu des primes, c’est le Kazakhstan qui se montre le plus généreux. Ce pays d’Asie, au régime présidentiel considéré comme autoritaire ayant à sa tête Noursoultan Nazarbayev, offre un peu plus de 200 000 € pour qu’un de ses athlètes ramène l’or au pays. Mais qui dit récompense élevée ne dit pas nombre de médailles important.

Le Kazakhstan n’a en effet placé aucun de ses sportifs sur la plus haute marche d’une épreuve des Jeux d’hiver depuis 1994, à Lillehammer en Norvège. Mais les Kazakhs, s’ils offrent un titre, ne battront pas le record du Singapourien Joseph Schooling, qui a empoché plus de 600 000 en 2016 à Rio, grâce à son succès sur 100 m papillon.

Tentez les enchères pour empocher le jackpot

Enfin d’autres nations optent pour une approche différente. Des pays scandinaves, comme la Norvège ou la Suède, n’offrent pas de bonus pour une médaille, mais réinjectent des sommes dans le développement des athlètes. Les médaillés, eux, pourront toujours revendre leur breloque au prix du métal.

À Pyeongchang, une médaille d’or pèse 586 grammes, dont 6 petits grammes d’or véritable et de l’argent plaqué. Sur le marché des métaux précieux, l’objet aurait une valeur d’environ 450 €. Dérisoire, en comparaison de la valeur symbolique d’une médaille olympique.

Pour l’argent, dont la pièce avoisine les 580 grammes, cela vaudrait 235 €. Et le bronze, qui affiche 493 grammes sur la balance, n’a pas une valeur financière très élevée.

Ces chiffres sont sensiblement les mêmes que lors des JO brésiliens de 2016. Alors pour faire le vrai bon coup financier, il faut peut-être opter pour la vente aux enchères, comme le boxeur Vladimir Klitschko. L’Ukrainien vendait sa médaille remportée à Londres en 2012 pour près d’un million de dollars.

Le record de la médaille achetée à prix d’or revient à celle de Jesse Owens, meilleur sprinteur de l’entre-deux-guerres, partie pour 1,5 million de dollars. Le tour de cou est offert.

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