Plusieurs ont été arrêtés depuis fin janvier, soupçonnés de battre campagne pour le non au prochain référendum. Le camp Rwasa parle d’une chasse à l’homme. Côté police, l’on met en garde quiconque sabotera le processus en cours.
« Il ne se passe aucune journée sans que des gens soient arrêtés ou battus, soupçonnés de mobiliser la population à voter non au prochain référendum, alors que c’est faux », s’indigne F.M., fidèle d’Agathon Rwasa en commune Ntega.
Il fustige que les sympathisants de Rwasa soient mis aux arrêts alors qu’ils n’ont commis aucun crime. Jean Baptiste Nzoyihera, président du MJP (Mouvement des Jeunes Patriotes) et son collègue Eric Rivuzimana, chargé de l’idéologie et propagande, ont été arrêtés, le 25 janvier, sur la colline Karamagi de la zone Gikuyo par des Imbonerakure, dirigés par Bède Kwibuka et Léonidas Riberimana, président du Cndd-fdd sur cette même colline. « Ils ont ensuite été incarcérés au cachot du chef-lieu de la province Kirundo. Ils sont soupçonnés de battre campagne pour le non au prochain référendum. »
Nord du Burundi en province Kirundo. La tension est palpable, malgré un semblant d’accalmie. La population vaque à ses occupations quotidiennes. Boutiques et autres restaurants sont ouverts. Mais pour les fidèles d’Agathon Rwasa, plus l’on s’approche du référendum programmé pour mai prochain, plus la peur gagne les esprits.
Et pour cause, depuis début février, plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. Le cas le plus illustratif est celui de Jean-Pierre Mushengezi alias Batanga, dont personne ne sait où il se trouve.
« Aucun sympathisant de Rwasa n’a été pourchassé…»
Secrétaire du parti Fnl-pro Rwasa à Rurembo, il a été arrêté, selon ses proches, le 6 février, chez lui sur la colline Carubambo de la zone Mugendo, en commune Ntega, alors qu’il séchait le riz qu’il venait de récolter. « Nous n’avons vu que sa chemise jetée dans les marais de la rivière Kanyaru. Nous ne savons pas s’il est mort ou vivant. »
Pour eux, la réponse à cette question est à chercher du côté de Daniel Mujambere, Oscar Bintunimana, Dismas Nkurintwari, Niyonzima et Birenguhore, des Imbonerakure qui l’ont arrêté sur injonction d’Alphonse Ntekere et Jean-Marie Mugumyankiko, respectivement chef des Imbonerakure à Ntega et président du Cndd-fdd en commune Ntega.
Interrogé, Philippe Ngabonziza, administrateur de la commune Ntega, réfute les allégations faisant état d’une chasse à l’homme à l’encontre des fidèles d’Agathon Rwasa par l’administration et les Imbonerakure. Il soutient qu’aucun sympathisant de Rwasa n’a été pourchassé ou appréhendé. «A Ntega, aucun parti politique n’est en train de battre campagne pour le non. Ce sont des rumeurs.» Concernant la disparition de Jean-Pierre Mushengezi alias Batanga, Philippe Ngabonziza indique que ce fidèle de Rwasa est une personne qui aime voyager. «Il aime aller au Rwanda. Sa mère m’a confié qu’il est pour le moment en commune Marangara.»