Zimbabwe: tensions entre le président Mnangagwa et Robert Mugabe

Les relations entre le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa et son prédécesseur Robert Mugabe se détériorent. Mercredi 7 mars, le chef de l’Etat s’est dit fortement contrarié par le soutien présumé de l’ex-président Mugabe à une nouvelle formation politique. Le NPF, le Front patriotique national, a été lancé la semaine précédente par des proches de l’ex-première dame Grace Mugabe. Des proches qui ne reconnaissent pas la légitimité du gouvernement d’Emmerson Mnangagwa.

Au Zimbabwe, une photo de Robert Mugabe posant avec le chef d’une nouvelle formation, un ex-militaire à la retraite, le général Ambrose Mutinhiri, fait polémique. Notamment parce que Mutinhiri a déjà annoncé qu’il allait contester la légitimité du gouvernement d’Emmerson Mnangagwa auprès de la Cour constitutionnelle.

La photo a largement été interprétée comme un soutien de la part de l’ancien président à cette formation politique. Et surtout une attaque du gouvernement Mnangagwa.

L’image, largement diffusée dans la presse, parait alors qu’on dit Mugabe de plus en plus aigre. Furieux que le nouveau régime s’en prenne régulièrement à sa femme Grace Mugabe et notamment à son doctorat. Pour Derek Matyszak, qui connait bien le Zimbabwe, il est effectivement « possible que Mugabe soit en colère ».

En février, lors d’une rencontre avec le président de la commission de l’Union africaine Moussa Faki, l’ex-chef d’Etat se serait à nouveau plaint d’avoir été déposé par un coup d’Etat.

« Jeu dangereux »

Cette photo est peut-être alors, « un message pour Mnangagwa, lui disant « laisse ma femme tranquille, sinon j’ai assez de pouvoir, je peux encore te déstabiliser » ». Mais, « c’est un jeu dangereux auquel joue Mugabe ». D’autant plus dangereux que Robert Mugabe dépend largement du président Mnangagwa, qui lui a octroyé une généreuse indemnité de départ et, très probablement, l’assurance qu’il ne serait pas inquiété.

La relation entre les deux hommes se fissure. Mnangagwa a ouvertement exprimé son mécontentement envers l’ex-homme fort du Zimbabwe. « Nous examinerons le problème » a-t-il indiqué lors d’un meeting du parti au pouvoir, « et si ces allégations sont fondées, nous prendrons des mesures ».

Le retour de Mugabe sur la scène publique et son apparent soutien à un nouveau parti tombe à quelques mois de nouvelles élections. Et alors que le président Mnangagwa est sous pression pour transformer rapidement son pays ou perdre le soutien de la rue.

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