Burundi: CNARED, un forum de compromis ou de compromission

CNARED : UN FORUM DE COMPROMIS OU DE COMPROMISSION

Le Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha et la Restauration de l’Etat de Droit (CNARED-GIRITEKA en sigle), organise du 09 au 11 Mars 2018 à Leuven un forum citoyen qui va regrouper quelques Partis de l’Opposition burundaise, de l’intérieur et de l’extérieur du pays, des associations de la société civile, des organisations des femmes et des associations de la diaspora burundaise.

Dans différents mouvements d’opposition, des voix s’élèvent pour notamment critiquer et condamner cette pratique d’organiser des réunions sans consulter ou informer d’autres leaders politiques ainsi que des partenaires de ladite plateforme. Même si le CNARED-GIRITEKA ne le dit pas à haute voix, certains membres influents affirment haut et fort l’existence d’un compromis qui aurait été scellé discrètement entre le Gouvernement Nkurunziza, la coalition fantoche AMIZERO et le CNARED-Minani à propos des négociations sur la mise en place et la gestion des institutions qui vont diriger le pays jusqu’aux prochaines élections en 2020. Ce forum de Leuven n’est qu’une comédie d’intrigue pour endormir l’Opposition avant de la réduire en menus morceaux !

La compromission inévitable concoctée par le CNARED et l’Opposition de Ngurdoto n’est pas le fruit du hasard. Dit autrement, seuls les canards boiteux s’allient aujourd’hui au CNARED de Minani, ce politico-serpent à multiples têtes et langages, un farceur et tricheur invétéré, bref, un menteur éhonté, pour fragiliser la jeunesse engagée qui avait pris les devants dans la contestation du mandat illégal de Pierre Nkuzunziza. Nul besoin de leur rappeler que de nombreuses personnes ont été massacrées pour avoir voulu exprimer leur désaccord avec le pouvoir en place et que la situation des acteurs politiques, des défenseurs des droits humains, des hommes et des femmes travaillant dans les médias demeure critique et incertaine.

L’esprit lassé et désorienté, ceux qui se comportaient hier comme des leaders et qui avaient vaillamment combattu la dictature et l’injustice sociale au cours des années passées sont devenus aujourd’hui de véritables apprentis sorciers prêts à dérouler le tapis rouge à un système politique sanguinaire qui transgresse au vu et au su du monde entier les engagements sacrés que le Burundi avait pris pour ramener la paix, la sécurité pour tous et la stabilité au pays.

Heureusement que la jeunesse burundaise qui a bravé les tirs à balle réelle est déterminée, à présent, à s’exprimer et surtout à prendre des décisions justes et courageuses pour sauver la nation. Car, le peuple burundais fait face à une situation qui interpelle tout un chacun à se lever pour un large rassemblement uni, fort et dynamique qui sera capable de nous libérer de la tyrannie, des crimes abominables qui nous guettent sans cesse.

Quelque soit l’objet de la réunion ou la qualité des participants, il est indéniable que le climat de tension que l’on observe actuellement entre le Directoire et les membres du CNARED-GIRITEKA va accoucher d’une souris. En effet, la mauvaise gestion à la tête de cette plateforme politique qui organise des réunions d’une importance capitale sans en informer ou associer d’autres cadres concernés augure d’un avenir incertain non seulement pour le Burundi mais également pour toute la sous-région. C’est le cas de la réunion d’Helsinki (Août 2017) et de Nairobi (Janvier 2018). Heureusement que les burundais sont conscients que le CNARED-GIRITEKA n’a pas la capacité politique ou militaire pour déboulonner Nkurunziza. Il n’a pas non plus une assise populaire solide à l’intérieur du pays.

Pour sa part, le CNARED-GIRITEKA essaie de s’investir activement dans une opération de séduction politico-diplomatique tout azimut afin d’avoir une place au soleil d’autant plus que la plupart de ses cadres ont été éjectés de la direction de leurs formations politiques. Aux dernières nouvelles, ils ont perdu, depuis belle lurette, la confiance et la considération dont ils jouissaient auprès de leurs militants.

Il est donc inutile de se demander si avec des acteurs politiques qui n’ont pas la même vision politique, qui affichent un comportement politique aussi bizarre, cette plateforme a la solution pour opérer le changement tant attendu par les burundais : c’est-à-dire, d’une part, mettre fin à la dictature sanguinaire, aux violations des droits humains, aux assassinats ciblés, et, d’autre part, rétablir la paix, la sécurité et la stabilité et, enfin, édifier un véritable Etat de Droit.

Au demeurant, rien ne nous rassure que le CNARED-GIRITEKA a encore assez de souffle et de crédit pour rassembler les burundais dans une plateforme restreinte ou élargie ! Des chicaneries et des accrochages répétitifs qui ont élu domicile dans cette organisation politique aboutiront tôt ou tard à une implosion interne qui va inévitablement déchiqueter cette idée, certes géniale, mais malheureusement mal conçue. En d’autres termes, le moment est venu de faire le point.

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