En Chine, Xi Jinping réussit un coup d’Etat constitutionnel

L’amendement qui supprime la limitation du nombre de mandats présidentiels a été adopté, avec vingt autres, dimanche 11 mars.

Il a suffi d’un seul vote pour adopter 21 amendements à la Constitution chinoise, les premiers proposés depuis 2004. Parmi eux, la suppression de la limite des deux mandats pour le président, cause depuis deux semaines d’un torrent de commentaires critiques en Occident. L’affaire fut vite conclue lors de leur soumission, dimanche 11 mars, à l’Assemblée nationale populaire, le parlement chinois : deux voix contre, trois abstentions et un vote invalidé sur les 2964 députés présents dans l’immense amphithéâtre du Palais du peuple à Pékin.

Les députés « ordinaires », c’est-à-dire des membres du parti pour la plupart mais aussi quelques personnalités cooptées comme le cinéaste Jia Zhangke, avaient pris place sur les fauteuils de l’amphithéâtre. Leur faisaient face, juchés sur la scène, les quelque 200 membres du comité central du Parti communiste chinois (PCC) et de son bureau politique, eux aussi appelés à glisser leur bulletin grand format dans une urne rouge. Le président chinois et secrétaire général du parti, Xi Jinping, le fit sous les applaudissements de la salle. Dehors, le très stalinien Palais du peuple était barricadé par un labyrinthe de barrières et de contrôles surveillé par des militaires en faction, extincteur à portée de main, et tout ce que la République populaire semble compter d’agents de sécurité.

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