RDC : Moïse Katumbi sur orbite présidentielle

Avec le lancement du mouvement Ensemble pour le changement, l’ex-gouverneur du Katanga prend date et affirme sa volonté de jouer toutes ses chances.

Moïse Katumbi fait un pas de plus vers la présidence de la RDC. Pour preuve, c’est dans un hôtel de la banlieue de Johannesburg que cet opposant avéré de Joseph Kabila a lancé Ensemble pour le changement, son tout nouveau mouvement politique. En exil depuis deux ans, l’ancien gouverneur du Katanga ne cache pas ses ambitions présidentielles, la date de l’élection présidentielle ayant été fixée au 23 décembre 2018 par la Commission électorale congolaise. Devant les militants du G7 et de l’Alternance réunis depuis le 9 février, il a donc prononcé un véritable discours de candidat dans lequel il se dit prêt à « conduire ce nouveau mouvement à la victoire électorale ».

Les premières fondations d’un programme

Si le mouvement est en marche, le programme reste à construire. Dans sa vidéo de serment postée sur le site officiel d’ Ensemble pour le changement, Moïse Katumbi détaille les grands axes de sa politique. « Protection et sécurité pour chaque Congolais », égalité hommes-femmes, électricité dans les villes et les campagnes ou encore lutte contre le changement climatique, la liste des sujets auxquels l’opposant au pouvoir s’attaque est longue. Pour convaincre les Congolais de le rejoindre, il n’hésite donc pas à « se vendre », en délivrant son bilan d’ex-gouverneur de la riche province du Katanga. En dix ans, il déclare ainsi que la région est devenue « un modèle de développement », grâce à la « réparation de routes », à la construction d’hôpitaux et d’écoles, et au développement de l’agriculture.

Des chantiers auquel l’ancien président du TP Mazembe ambitionne d’appliquer au pays tout entier, n’oubliant pas d’égratigner au passage le pouvoir en place. Pour lui, le « pays a sombré dans la dictature, la corruption, les violences et les violations des droits de l’homme ». Il rappelle de plus qu’il n’est pas un « héritier », affirmant : « Tout ce que j’ai eu, je l’ai eu grâce à mon travail », un clin d’œil au président Kabila et à la présidence qu’il a obtenu après la mort de son père, Laurent-Désiré Kabila, en 2001.

Que va faire l’UDPS ?

Si ce programme est défendu par une coalition de formations politiques, le soutien de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), lui, est incertain. Absent en Afrique du Sud, le parti d’opposition se prépare à élire pour sa part son nouveau président, lors d’un congrès prévu à la fin du mois de mars, soit un an après la mort de son fondateur, Étienne Tshisekedi. Son successeur – son fils Félix est largement pressenti – aura alors la lourde tâche d’élaborer une stratégie… avec ou sans Moïse Katumbi.

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