Syrie: Erdogan, Poutine et Rohani veulent coopérer en faveur d’un «cessez-le-feu» durable

Moscou, Ankara et Téhéran doivent à nouveau se réunir pour un troisième sommet en Iran…

Un nouveau pas vers la paix en Syrie ? Les présidents russe, iranien et turc se sont engagés ce mercredi lors d’un sommet à Ankara à coopérer en vue de parvenir à un « cessez-le-feu durable » en Syrie, où les trois pays se sont imposés en maîtres du jeu.

Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine et Hassan Rohani se sont réunis pour tenter d’avancer vers un règlement du conflit qui ravage la Syrie au moment où les Etats-Unis sèment le doute sur un éventuel retrait de leurs troupes.

Parrains du processus de désescalade

Dans un communiqué publié à l’issue du sommet d’Ankara, les trois dirigeants « ont réaffirmé leur détermination à coopérer activement en Syrie en vue de parvenir à un cessez-le-feu durable entre les belligérants ». Ils ont en outre souligné leur volonté d’« accélérer leurs efforts pour assurer le calme sur le terrain et protéger les civils dans les zones de désescalade et de faciliter un accès rapide de l’aide humanitaire à ces zones ».

Moscou et Téhéran, qui soutiennent Damas, et Ankara, qui appuie des rebelles syriens, sont les parrains du processus d’Astana qui a notamment permis la mise en place de quatre « zones de désescalade » censées réduire les affrontements en Syrie.

A l’issue du sommet, Vladimir Poutine a dénoncé un manque d’action de la communauté internationale pour trouver un règlement au conflit syrien. « Personne ne fait pratiquement rien, sauf l’Iran, la Turquie et la Syrie », a-t-il lancé. « Nous voyons de petites livraisons de l’aide humanitaire de la part de l’ONU, mais cela ne suffit résolument pas », a-t-il ajouté.

Le destin de Bachar El Assad

Recep Tayyip Erdogan a quant à lui mis l’accent sur les opérations militaires menées par la Turquie dans le nord de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme terroriste par Ankara mais alliée de Washington dans la lutte contre l’EI. « Nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir fini de sécuriser ces régions, notamment Minbej », a-t-il dit en se référant à une ville stratégique dans le nord de la Syrie où des soldats américains sont stationnés aux côtés des YPG.

En dépit de la coopération qu’ils ont nouée, la quête de la Turquie, la Russie et de l’Iran vers un règlement du conflit syrien, qui a fait plus de 350.000 morts en sept ans, patine notamment du fait de leurs intérêts contradictoires et de divergences sur le sort de Bachar El-Assad. Un troisième sommet, dont la date reste à déterminer, aura lieu à Téhéran, selon le communiqué publié à Ankara.

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