Kenya: Les routes de la région de Dadaab sous la menace des shebabs

Dadaab était, il y a quelques années encore, le plus grand camp de réfugiés du monde. Aujourd’hui 226 000 Somaliens y vivent, dans le nord du Kenya, à moins de 100 kilomètres de la frontière somalienne. La sécurité dans la région est très volatile, puisque les terroristes somaliens shebabs constituent un danger constant. Les routes sont réputées peu sûres.

Hussein Nunow s’apprête à embarquer des policiers pour partir en patrouille autour de Dadaab. Malgré plus de trente ans d’expérience, chaque sortie est synonyme de danger. Le chauffeur kenyan craint deux choses : les shebabs et les bombes qu’ils cachent sur la route.

« Un jour je conduisais dix policiers. On a roulé sur un engin explosif. Sept sont morts. Seuls ceux qui étaient à l’avant avec moi ont survécu. Ce n’était pas mon destin de mourir ce jour-là », raconte ce chauffeur. « Les IED  (improvised explosive device, des bombes artisanales)  sont posés la nuit ». Donc le matin, avant de partir Hussein Nunow « appelle ceux qui sont sortis avant », « pour voir comment est la route ».

« Quant aux shebabs », explique-t-il, « ils attaquent quand tu t’y attends le moins et dans les zones boisées, pas sur les routes dégagées ». Alors, pourquoi faire un métier aussi dangereux ? « Je fais ça pour l’argent. Conduire la police ça rapporte 100 à 150 dollars par jour. Ma famille dit que je suis fou. Mais que faire ? Il n’y a pas d’emplois ici. »

« Si vous transportez du Qat ou des cigarettes ils peuvent vous tuer »

Malgré l’aide humanitaire, beaucoup de réfugiés travaillent dans le secteur informel. Abdulaye Juma Ali est un Somalien de 21 ans. Il ramasse du bois jusqu’en Somalie pour le revendre. Chaque fois, sa vie ne semble tenir qu’à un fil : « On part le matin en convoi de 20. On dort deux nuits dans la brousse sur le chemin. Lorsqu’on rencontre des shebabs, ils nous frappent et volent nos provisions ».

« Si vous transportez du Qat ou des cigarettes ils peuvent vous tuer », rapporte le jeune homme. Alors, « pour diminuer les risques, on se dépêche et on cache notre nourriture. Car s’ils la prennent on peut mourir de faim. Il faut faire attention aux cheveux, ils n’aiment pas les coupes occidentales ».

Selon lui, les trajets sont de plus en plus risqués. Les shebabs ont l’air d’avoir besoin d’hommes car, dit-il, « les terroristes kidnappent de plus en plus de gens ».

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