Washington et Londres accusent Moscou d’une cyberattaque mondiale

Dans un communiqué commun, les États-Unis et le Royaume-Uni ont mis en garde, lundi, contre une cyberattaque à l’échelle mondiale qu’ils imputent à des pirates informatiques soutenus par la Russie.

« Les cibles de cette cyberactivité malveillante sont principalement les gouvernements et les organisations du secteur privé, les fournisseurs d’infrastructures cruciales et les fournisseurs d’accès à internet », ont annoncé dans un communiqué conjoint publié lundi le National Cyber Security Center britannique et, côté américain, le FBI (police fédérale) et le ministère de la sécurité intérieure.Cette rare alerte conjointe de la part des deux pays avertit des dangers d’une vaste campagne de piratage lancée en 2015, qui pourrait selon eux s’aggraver. Il y a deux mois, les deux pays avaient déjà accusé la Russie d’avoir mené en 2017 la cyberattaque utilisant le « rançonlogiciel » NotPetya, qui a paralysé certaines infrastructures ukrainiennes avant d’endommager des ordinateurs à travers le monde entier.

Des routeurs électroniques visés

En détail, sont notamment visés cette fois-ci les routeurs électroniques ou les pare-feu informatiques, des dispositifs cruciaux dans le cheminement des informations numériques.

En prendre le contrôle permet « d’espionner, de soutirer des éléments de la propriété intellectuelle, de conserver un accès permanent aux réseaux de la victime et de poser potentiellement les fondations d’opérations agressives futures », a expliqué le ministère américain de la sécurité intérieure.

Le communiqué met en garde aussi bien les fournisseurs d’accès que les utilisateurs, et cite des organisations de recherche sur la cybersécurité ainsi que d’autres gouvernements à l’appui de ces informations, sans toutefois donner de détails sur la date ou l’ampleur de ces actions malveillantes.

« L’état actuel des réseaux américain et britannique, associé à une campagne du gouvernement russe pour exploiter ces réseaux, menace notre sécurité et notre santé économique », affirme le communiqué. Par exemple, les auteurs d’une attaque pourraient à distance neutraliser une centrale de production d’électricité ou l’endommager dans son fonctionnement.

Accélération de ces actions hostiles

Selon les autorités américaines, ces efforts de piratages s’inscrivent dans la suite d’un vaste ensemble d’opérations hostiles déclenchées par des agences russes de renseignement civil et militaire.

Ces actions qui se sont accélérées depuis deux ans avaient notamment permis aux Russes de s’infiltrer dans le système informatique du parti démocrate de Hillary Clinton et d’y subtiliser des milliers d’emails qui, rendus publics durant la campagne électorale de 2016, avaient affaibli la candidate. Les experts fédéraux avaient décrit ces cyberattaques dans un rapport baptisé « Grizzly Steppe ».

La publication du communiqué survient dans un climat tendu entre ces deux pays et la Russie. Washington et Londres ont procédé à des frappes contre le régime syrien, allié de Moscou, et Londres accuse Moscou d’avoir empoisonné sur son territoire début mars un ex-espion russe, Sergueï Skripal, et sa fille.

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