Ouganda: un célèbre député du parti présidentiel assassiné

En Ouganda, Ibrahim Abiriga, célèbre député du parti présidentiel a été assassiné vendredi 8 juin. Figure charismatique de la vie politique, il était un proche du président Yoweri Museveni.

Ibrahim Abiriga, âgé de 62 ans, était député d’une circonscription du nord-ouest du pays.

C’était un ancien rebelle opposé à Museveni lors de ses premières années à la tête de l’Ouganda. Il est ensuite devenu l’un de ses plus fidèles alliés, au point d’être considéré comme « fanatique ».

Il était à la fois le symbole du Parlement et du parti présidentiel, le Mouvement pour la résistance nationale (MRN) dont il portait haut la couleur jaune. Il se pavanait dans Kampala dans des vêtements jaunes vifs ou encore dans une voiture Volkswagen Beetle, jaune elle aussi.

« Ibrahim Abiriga avait quitté le parlement vendredi dans la journée, explique Chris Obore, directeur des affaires publiques au Parlement. Il s’était arrêté 500 mètres avant sa maison. C’est là qu’il a été abattu avec son garde du corps. Le pays est sous le choc, en raison de sa personnalité. »

Interrogations sur le motif

Un homme souvent décrit comme affable, jovial et généreux. Pourquoi l’avoir abattu ? C’est la question que se posent les Ougandais. Des motivations politiques sont souvent avancées.

Il avait été l’un des fervents défenseurs d’une réforme constitutionnelle controversée qui a supprimé la limite d’âge de 75 ans pour devenir président. La réforme a été adoptée en décembre 2017 et permettrait à l’actuel président de se représenter à deux reprises.

Mais Chris Obore a du mal à croire l’argument politique. « Au moment de la réforme constitutionnelle, certains politiciens ne l’aimaient pas parce qu’il était en faveur de la suppression de la limite d’âge de 75 ans pour devenir président, mais après, en raison de son tempérament, tous les acteurs de la vie politique ont réalisé qu’à titre individuel, c’était une très bonne personne. Il n’a jamais caché son admiration pour le parti présidentiel, le NRM, mais il respectait tous les acteurs politiques ! »

Un « meurtre insensé »

Le président Yoweri Museveni a immédiatement réagi à l’annonce de sa mort évoquant un « meurtre insensé » et donnant comme instruction aux agences de sécurité de « retrouver très vite les tueurs ».

Selon la police, Ibrahim Abiriga a été assassiné par des « assaillants inconnus », sans plus de précisions. Les médias ougandais ont, de leur côté, rapporté que le député avait été abattu par des hommes à bord de motos.

Le modus opérandi est connu. Il a déjà été utilisé à plusieurs reprises pour assassiner des hauts responsables. Le dernier en date fut le porte-parole de la police ougandaise, abattu devant son domicile, par des hommes lourdement armés, installés à l’arrière de deux motos, en mars 2017.

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