Des églises improvisées sont fermées pour plus d’ordre.

Quelques leaders religieux ont été arrêtés ces derniers jours à Rumonge pour incitation à la division à travers leurs homélies. Dans un rappel à l’ordre, l’administration demande aux différentes confessions religieuses de se conformer à la nouvelle loi les régissant.

Dans un message adressé essentiellement aux responsables des églises, aux représentants des partis politiques et aux administratifs à la base, le gouverneur de la province de Rumonge, Juvénal Bigirimana, leur recommande de respecter les articles contenus dans la nouvelle loi sur les confessions religieuses.

Les chefs de zones sont priés de recenser toutes les églises implantées dans leurs zones et reconnues par le ministère de l’Intérieur.

Il est demandé à ces dernières de présenter l’ordonnance d’agrément délivrée par le ministère de l’Intérieur et d’avoir une copie de cette nouvelle loi. «C’est pour éviter le désordre qui s’observe au sein de certaines églises».

Pour le gouverneur de la province de Rumonge, certains responsables religieux dans cette province ont failli à leur mission ces derniers mois en délivrant des messages incitant à révolte et à la division.

Il a cité notamment le cas de l’église Fecabu où certains responsables de cette église sont aux arrêts pour avoir appelé leurs fidèles à ne pas se faire inscrire pour participer au référendum constitutionnel.

«Il y a souvent des querelles entre les responsables des églises et cela se solde par des scissions ainsi des affrontements entre fidèles, ce qui cause de l’insécurité», a-t-il fait savoir.

Pour le cas de l’homélie du curé de la paroisse de Minago qui a suscité des polémiques, le gouverneur a indiqué que ce problème a été réglé, toutes les parties concernées ont pu s’exprimer au cours d’une réunion tenue dans la succursale de Muhuzu.

Cette autorité appelle différentes confessions religieuses implantées dans sa province à appuyer les administratifs à la base dans l’encadrement de la population et dans le développement des collectivités.

«Suspension et excommunication»

Le pasteur en charge de la région sud au sein de l’Eglise Fecabu a indiqué au cours de cette rencontre avec le gouverneur que les responsables religieux qui se sont laissés aller à des écarts de langage dans leurs homélies ont été mis à l’écart.

«Ils ont été suspendus de leurs responsabilités et excommuniés par notre église.» Selon lui, la mission de l’église est de prêcher la bonne nouvelle de Dieu et non pas s’immiscer dans les affaires politiques. Il a indiqué qu’ils vont multiplier des actions d’encadrement de leurs responsables religieux, tout en les invitant à respecter l’autorité.

Profitant de cette rencontre, certains responsables religieux ont appelé le gouvernement à leur accorder des parcelles afin d’y ériger leurs églises au regard de la nouvelle loi qui fixe à plus ou moins 1 km la distance entre une église et une autre.

Un responsable d’un parti politique de l’opposition convié à cette réunion a indiqué que les comités de développement et autres commissions mis en place par les autorités administratives doivent être inclusifs où toutes les sensibilités politiques et morales s’y retrouvent.

Signalons que les autorités ne connaissent pas encore le nombre d’églises ou de sectes opérant dans cette province de Rumonge, un exercice difficile au vu de leur foisonnement.

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