
Au lendemain du premier scrutin post-Mugabe, la tension monte entre la formation d’Emmerson Mnangagwa et celle de l’opposant Nelson Chamisa.
Quand tout le monde pense avoir gagné une élection, et que personne n’a le droit de le dire mais ne peut s’empêcher de le crier, on obtient fatalement un résultat un peu étrange et une situation un peu dangereuse. C’est précisément ce qui est en train d’arriver au Zimbabwe, au lendemain d’un scrutin exceptionnel qui doit décider de l’avenir du pays, huit mois après la chute de Robert Mugabe.
Du côté de l’opposition, Nelson Chamisa, le candidat du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a commencé dès le matin, mardi 31 juillet, par un Tweet un peu tordu, sorte de cri de victoire tourné de façon à ne pas crier tout à fait victoire, chose qui aurait eu pour effet immédiat de le faire arrêter par la police.
Préempter la suite des événements
Dans l’après-midi, un de ses proches au sein de la galaxie complexe du MDC monte au créneau à son tour, lors d’une conférence de presse cette fois, organisée dans l’immeuble historique du parti, dans le centre-ville de Harare. Tendai Biti, ex-ministre des finances (au temps du gouvernement d’union nationale, auquel il participait comme opposant), prend infiniment moins de gants pour annoncer que le MDC a collecté des résultats de bureaux de vote à l’échelle du pays. Il dit que la formation a fait ses comptes et est en mesure d’affirmer que « les résultats montrent au-delà de tout doute raisonnable que nous avons gagné les élections et que le prochain président du Zimbabwe est Nelson Chamisa ». Si ce n’est pas une proclamation de victoire, cela commence furieusement à y ressembler.