
L’explosion s’est produite vendredi à l’heure de la prière dans une mosquée chiite de Gardiz, dans l’est de l’Afghanistan.
Un double attentat-suicide dans une mosquée chiite a fait vendredi 3 août, à l’heure de la prière, au moins 29 morts et 81 blessés à Gardiz, dans l’est de l’Afghanistan, ont annoncé les autorités locales, selon un bilan provisoire.
Les kamikazes déguisés en femmes ont fait irruption dans l’édifice à Gardiz, dans la province de Paktia près de la frontière pakistanaise, et ont ouvert le feu sur les croyants avant d’activer leurs charges, selon les autorités. « Les assaillants étaient bien des hommes, portant des burqas pour dissimuler leurs vestes explosives et leurs armes automatiques », a rapporté le chef de la police provinciale, le général Raz Mohammad Mandozai. « Ils ont d’abord ouvert le feu sur la foule à l’intérieur de la mosquée avant de déclencher leurs charges. »
Cette attaque n’a pas été revendiquée mais les talibans ont rapidement fait savoir par la voix de leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, qu’ils n’avaient « rien à voir » dans ce massacre, désignant une nouvelle fois, implicitement, l’organisation Etat islamique (EI).
La minorité chiite régulièrement visée par l’Etat islamique
La province montagneuse de Paktiya, majoritairement pachtoune et tribale, est un territoire excentré et difficile d’accès, frontalier des zones tribales du Pakistan, où vont et viennent les talibans et des membres du réseau terroriste haqqani qui leur est affilié.
Depuis deux ans, la minorité chiite d’Afghanistan est régulièrement ciblée par des attentats généralement revendiqués ou attribués à l’EI.
L’EI, dont les combattants subissent de lourdes pertes sur le front militaire, confrontés aux assauts des talibans et des armées afghane et américaine dans le Nord, a multiplié les attentats récemment.
Plus de 150 d’entre eux et leurs commandants se sont rendus aux forces afghanes en début de semaine dans la province de Djozdjan, dans le Nord.