RDC: visite de Joseph Kabila en Angola sur fond de campagne présidentielle

Fin de la visite de deux jours de Joseph Kabila en Angola. Après avoir évoqué plusieurs projets, notamment pétrolier et culturel, le chef de l’Etat congolais a repris l’avion pour Kinshasa à la mi-journée.

C’est une visite d’Etat qui a un peu surpris, quelques jours avant la fin du dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle congolaise. Officiellement, Joseph Kabila ne s’est prononcé ni sur son avenir, ni sur un éventuel dauphin.

Des discussions étaient en cours autour du chef de l’Etat congolais pour justement déterminer le candidat unique du camp présidentiel. Et voilà que Joseph Kabila, jusqu’ici trop occupé pour recevoir le secrétaire général de l’ONU ou le président de la Commission de l’Union africaine, se rend chez son voisin à Luanda.

Du contenu du tête à tête entre les deux chefs d’Etat, on ne sait que peu de choses. Vendredi encore, les diplomates de tous horizons cherchaient à se renseigner, notamment du côté des pays occidentaux, comme de l’Union africaine qui avaient pour ainsi dire délégué la gestion de la crise congolaise et de son président à l’Angola.

« Il a surtout été question de notre coopération bilatérale », assure une source diplomatique congolaise. « Le président Kabila a dit qu’il ne tolèrerait aucune pression », poursuit cette source qui s’est toutefois dit surprise de ce déplacement à Luanda avant la fin du dépôt des candidatures.

Garanties sur le processus électoral

Côté angolais, on affirme qu’il a été aussi question du processus électoral. Le président Lourenço dit avoir reçu « des garanties que le processus se déroulerait dans la normalité ». Son ministre des Affaires étrangères a assuré que son pays avait appelé au respect de la Constitution, comme il le fait pour tous les pays, dit-il. Le seul à n’avoir pas parlé publiquement des élections en RDC, c’est le président Joseph Kabila, lui-même, qui a l’issue de son entretien avec son homologue n’a fait aucune mention des évènements dans son pays.

« Nous croyons, au vu des informations qui nous ont été transmises sur le processus, que les nouvelles sont satisfaisantes, a déclaré le ministre angolais des Affaires étrangères, Manuel Domingos Augusto, après avoir raccompagné le chef de l’Etat congolais. Nous avons demandé le respect de la Constitution, comme dans tous les pays. Mais je peux d’ores et déjà vous annoncer que nous aurons ici même à Luanda un sommet élargi sur cette question avec un certain nombre de leaders de la région. »

Une annonce surprenante, alors même que la SADC, elle, vient d’annoncer son sommet à Windhoek les 17 et 18 août prochain. Mais à Luanda, ce seront plutôt les chefs d’Etat rwandais, congolais et gabonais qui président tous d’autres organisations régionales et sous-régionales – UA, CIRGL et CEAAC – qui devraient se pencher sur le processus électoral en RDC, une rencontre prévue, mais repoussée depuis juin. Ce mini-sommet sur le processus électoral en RDC devrait avoir le 14 août à Luanda, selon les informations recueillies par RFI.

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