l’histoire politique du Burundi et les conséquences encore observables de la colonisation

L’histoire politique du Burundi peut se diviser en trois grandes périodes : la période précoloniale, la période coloniale et tutélaire (1885-1962) et le Burundi indépendant, cette dernière période comprenant le régime monarchique et le régime républicain.

La période précoloniale

Selon les sources d’information essentiellement orales, le Royaume du Burundi était une société hiérarchisée à plusieurs niveaux : le roi (Umwami), les chefs (Abaganwa), et les dépositaires des secrets du royaume (Abanyamabanga); les adjoints (Abatware) et auxiliaires du pouvoir, la population.

Le Mwami était le centre de tout le système et servait de point de référence à tous les autres niveaux. Les Baganwa étaient, pour la plupart, des descendants directs du roi. L’organisation politico-administrative du pays était essentiellement placée entre leurs mains. Les adjoints et les auxiliaires du pouvoir, quant à eux, provenaient généralement de la population (agriculteurs, éleveurs et artisans). Pour l’essentiel, il s’agissait également des Bishikira qui administraient les domaines royaux, des sous-chefs (Abatware) et des autorités déléguées (Ivyariho), ainsi que des notables de colline appelés Abashingantahe.

La période coloniale et tutélaire (1889-1962)

Cette période peut être subdivisée en deux moments : la période allemande (de 1889 à 1916) et la période belge (de 1916 à 1962).

La période d’occupation allemande est principalement caractérisée par la signature du Traité de Kiganda (1903) qui consacra la perte de la souveraineté du pays. En 1916, la domination allemande est remplacée par celle de la Belgique. Cette dernière s’étendra de 1916 à 1962, date à laquelle le Burundi recouvra sa souveraineté.

De 1916 à 1923, le Burundi est placé sous occupation militaire belge; de 1926 à 1946, il se trouve sous mandat belge. En 1946, par un accord passé entre la Belgique et l’ONU, le Burundi est mis sous tutelle belge. La période du mandat et de tutelle belge sera caractérisée par deux sous-périodes : la première se situe entre 1925 et 1960; la seconde s’étend de fin 1960 au 1er juillet 1962.

Pendant la première sous-période, l’administration belge prend le pouvoir en mains et procède à une série de transformations de la vie politique et administrative du pays.

En effet, entre 1925 et 1933, les changements intervenus entraînaient notamment la limitation et l’affaiblissement du pouvoir royal, le renforcement du pouvoir des Baganwa dont on fait des fonctionnaires de l’administration belge, la destitution progressive des chefs et des sous-chefs tutsi et hutu en passant par la fameuse réforme de 1929 qui va instaurer comme base socio-administrative les ethnies Hutu, Tutsi et Twa et non plus la référence aux Miryango.

Les premières cartes d’identité devaient porter évidemment la mention Hutu, Tutsi ou Twa. En 1952, la tutelle procède à nouveau à une organisation des structures traditionnelles. Elle instaure des organes consultatifs élus à tous les échelons de l’administration traditionnelle dont le Conseil supérieur du pays. En 1959, la Déclaration Gouvernementale relative à l’avenir du Ruanda-Urundi envisage d’autres réformes. Le décret intérimaire du 25 décembre 1959 les définit ainsi : “Suppression de la dualité administrative entre autorités de tutelle et autorités coutumières, création à l’échelon des communes de conseils élus au suffrage universel, à l’échelon du pays, d’assemblées composées de membres élus au second degré et de représentants des intérêts des notables”. Quelques mois après, le contenu de ce décret se matérialise. Le Conseil supérieur du pays est remplacé par une commission intérimaire de cinq membres qui sera complétée par la nomination de neuf commissaires du pays. Les chefferies deviennent des provinces. Les sous-chefferies et les centres extra-coutumiers sont supprimés et remplacés par des communes.

Le Burundi indépendant en 1962 héritera des forces et des faiblesses découlant de ces structures créées à partir de ce décret intérimaire du 25 décembre 1959 qui renforçait, de fait, les réformes administratives initiées à partir de 1929. Impliqueront la fin de la monarchie quelques années plus tard et les tensions sociales endémiques à ce jour au Burundi.

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