En Ethiopie, les réfugiés érythréens craignent un retour forcé

Depuis qu’Addis-Abeba et Asmara ont fait la paix, les Erythréens qui ont fui le régime d’Isaias Afeworki redoutent une remise en cause de leur droit d’asile.

Frewene a vu à la télévision que son pays, l’Erythrée, a fait la paix avec son frère ennemi éthiopien, en juillet, après vingt ans de conflit larvé. Cette annonce ne lui a procuré aucune joie. « La paix, c’est bien, mais tant que le gouvernement ne change pas, je n’y crois pas », lâche-t-elle sans ciller, en chassant les mouches qui volent dans sa cuisine du camp de réfugiés de Mai-Aini, dans le nord de l’Ethiopie. Cette frêle trentenaire a entendu dire que des milliers de personnes ont accueilli en héros son président, Isaias Afeworki, lors de sa visite en Ethiopie le 14 juillet. « Au lieu de l’applaudir, pourquoi ne lui ont-ils pas demandé où sont ses citoyens et pourquoi ils se sont échappés de son pays ? », interroge-t-elle.