Les Nations unies dénoncent les « appels à la haine » du président burundais

Le président burundais, Pierre Nkurunziza, à Bugendana, dans le centre du pays, le 7 juin 2018. STR / AFP

Des enquêteurs de l’ONU sur le Burundi ont prévenu, mercredi 5 septembre, que de graves violations des droits humains, dont des crimes contre l’humanité, s’y poursuivaient sans relâche, dénonçant les « appels récurrents à la haine » du président Pierre Nkurunziza. « Ce climat attentatoire aux droits humains continue d’être favorisé par des appels récurrents à la haine et à la violence de la part d’autorités, dont le chef de l’Etat, et de membres du CNDD-FDD [le parti au pouvoir], ainsi que par une impunité générale », indique dans un rapport la commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi, établie en 2016 par le Conseil des droits de l’homme.

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Le gouvernement burundais a balayé cette accusation par la voix de son porte-parole, Jean-Claude Karerwa, interrogé par l’AFP : « Nous mettons au défi le président de cette commission, Doudou Diène, de produire ne fût-ce qu’une seule phrase où son excellence le président Pierre Nkurunziza appelle à la haine et à la violence. »

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Il y a un an, la commission de l’ONU avait indiqué avoir « des motifs raisonnables de croire que plusieurs de ces violations, commises en majorité par des membres du Service national de renseignement [SNR], de la police et de l’armée ainsi que des Imbonerakure [ligue des jeunes du parti au pouvoir, qualifiée par les Nations unies de milice], constituent des crimes contre l’humanité ».

La commission assure dans son rapport publié mercredi que ces violations, « dont certaines sont constitutives de crimes contre l’humanité », se sont poursuivies en 2017 et 2018, citant des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des détentions arbitraires, des tortures et autres traitements cruels et des violences sexuelles.

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