Le Congo refuse toute ingérence étrangère dans le processus électoral

Le gouvernement de Kinshasa a fermement exprimé son refus de toute ingérence étrangère dans le processus électoral qui doit mener à des scrutins présidentiel, législatif et provinciaux le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC), au lendemain d’une tournée du chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, dans la région.

Dans un communiqué publié mercredi, le ministère congolais des Affaires étrangères se dit « surpris » par des « déclarations intempestives » de certaines autorités étrangères relatives au processus électoral en cours au pays.

« Tout en relevant que le processus électoral en cours se déroule conformément à la Constitution ainsi qu’à l’accord politique global du 31 décembre 2016 (dit « de la Saint-Sylvestre », sur un partage du pouvoir en échange du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà de la date de la fin de son second mandat ndlr), le gouvernement tient à réitérer fermement son refus de toute ingérence en la matière, tant de la part des pays voisins que des autres partenaires bilatéraux. Le gouvernement n’acceptera d’autant plus aucune interférence à cet égard », précise le communiqué, signé par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu.

« Ainsi, le gouvernement congolais ne peut-il s’abstenir de dénoncer avec véhémence l’agitation injustifiable de certains gouvernements des pays voisins, agissant avec la connivence d’autres partenaires, autour de cette question de souveraineté, tout en les invitant instamment à la stricte observance de leurs engagements internationaux », conclut le texte.

Reynders en tournée en Afrique

Cette déclaration du gouvernement congolais intervient dans la foulée d’une tournée du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, en Afrique. Il s’est rendu au Bénin, en Afrique du sud, en Angola et au Congo-Brazzaville – à quelques kilomètres de Kinshasa -, pour à chaque fois évoquer le processus électoral en RDC et plus généralement la situation dans l’ex-Zaïre.

« Nous souhaitions échanger nos analyses de la situation avec les acteurs de la région, notamment dans la perspective de notre présence au Conseil de sécurité de l’ONU » (2019-2020), a-t-il résumé à l’issue de cette tournée.

« Tout le monde souhaite que la Constitution soit respectée et qu’un véritable dialogue entre les acteurs ait lieu, conformément à l’accord intercongolais de la Saint-Sylvestre », a ajouté le ministre belge.

Lors de l’étape de Luanda, il a publié avec son homologue angolais, Manuel Domingos Augusto, un communiqué conjoint soulignant « l’importance d’un processus véritablement inclusif qui puisse aboutir à la tenue d’élections crédibles, libres et transparentes le 23 décembre » prochain.

Quant à la cheffe de la diplomatie sud-africaine, Lindiwe Sisulu, elle a affirmé lundi, après un entretien avec M. Reynders, que son pays est prêt à s’investir pour que le processus électoral aboutisse en RDC.

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