Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU regrette le non-déploiement de ses experts

Devant le Conseil des droits de l’homme, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Kate Gilmore, a appelé le Burundi à renouer les contacts avec tous les organes internationaux de défense des droits de l’homme après sa décision de révoquer les visas accordés à trois experts du Haut-Commissariat.

En vertu d’une résolution qu’il a adoptée le 28 septembre 2017, le Conseil des droits de l’homme attendait mercredi du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) la présentation de son rapport final sur le Burundi après le déploiement de trois experts onusiens dans le pays.

Le rapport n’a pu être présenté au Conseil lors de sa 39e session telle que prévu par la résolution. « Malheureusement, le gouvernement du Burundi n’a pas coopéré avec la pleine mise en œuvre de cette résolution », a déploré Mme Gilmore lors d’un débat interactif de la 39e session du Conseil des droits de l’homme. La Haut-Commissaire adjointe a souligné les frustrations suscitées par l’occasion manquée pour son  Bureau de fournir une évaluation objective de la situation des droits de l’homme au Burundi.

Les experts déployés au Burundi avaient pour mission de recueillir des informations sur les violations des droits de l’homme et de les transmettre aux autorités judiciaires nationales pour garantir la reddition des comptes. L’équipe avait également été chargée de fournir au gouvernement burundais des recommandations en matière d’assistance technique et de renforcement des capacités pour lutter contre l’impunité et faire respecter les droits de l’homme.

Les visas annulés trois semaines après l’arrivée des experts

La Haut-Commissaire adjointe a expliqué l’absence de rapport par le non-déploiement de l’équipe d’experts au Burundi, Bujumbura ayant annulé leurs visas trois semaines après leur arrivée dans le pays bien que le protocole de déploiement eût été respecté. Le gouvernement burundais n’a pas répondu à ce jour aux communications faites par le Haut-Commissariat, a précisé Mme Gilmore.

« La résolution 36/2 ayant été acceptée par le Burundi, le pays a donc une responsabilité toute particulière de coopérer. Il est préoccupant qu’il ait empêché l’équipe de faire le travail prescrit et qu’il n’y ait pas eu de discussion possible sur le mémorandum d’accord entre le Haut-Commissariat et le Burundi », a fait remarquer Mme Gilmore, invitant Bujumbura à renouer les contacts avec le HCDH.

Devant le Conseil des droits de l’homme, le Burundi a justifié sa volte-face au sujet des visas des experts, expliquant que la nature de leur mission avait changé une fois arrivés à Bujumbura.

L’ambassadeur du Burundi auprès des Nations Unies à Genève, Rénovat Tabu, a dénoncé une narration des faits tronquée et un acharnement, dont l’essence n’est pas de nature à promouvoir la bonne coopération. Le représentant burundais a invité la nouvelle Haut-Commissaire à adopter une nouvelle dynamique de coopération avec son pays.

Le Conseil des droits de l’homme examinera le 17 septembre prochain à Genève le rapport de la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi rendu public le 5 septembre. Un rapport dans lequel les membres de la Commission affirment que de graves violations des droits de l’homme, dont certaines sont constitutives de crimes contre l’humanité, ont continué d’être commises au Burundi en 2017 et 2018.

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