Lycée Kirundo une prison transformée en école : La marque du président Ndadaye

Sur une décision du feu président Melchior Ndadaye, le Lycée de Kirundo a vu le jour à la grande satisfaction des habitants de la province Kirundo. Auparavant, ses locaux avaient été construits pour abriter une prison. A la veille de la commémoration du 25è anniversaire de l’assassinat du héros de la démocratie, Iwacu est allé à la découverte de cet établissement.

«Lycée Ndadaye », comme aiment l’appeler les habitants de la province Kirundo, se trouve à quelques mètres de la route qui mène vers la frontière burundo-rwandaise. Au loin, on voit une dizaine de bâtiments en briques cuites. Certains sont anciens.

D’autres sont récents. A l’intérieur, on remarque plusieurs terrains de football, de basket et de handball. Ce qui frappe le plus, ce sont les fenêtres de tous les bâtiments. En plus des vitres, elles sont renforcées par des barres de fer. «C’est comme à la prison», lance un professeur de cet établissement.

Il est 14h. Les élèves sortent des classes. Les internes, filles et garçons, se ruent vers le réfectoire. Ils ont apparemment très faim. Avec le directeur de l’établissement, Cyriaque Nkerabahizi, nous faisons le tour du propriétaire. Nous tombons sur un long mur en pierre d’une dizaine de mètres de haut. Il ressemble à celui qui entoure les prisons burundaises. « C’était la clôture de la prison. Lors de la transformation, on l’a utilisée pour construire d’autres salles de classe.» De l’autre côté, il y a aussi un autre mur semblable. On remarque que la construction de cette clôture n’a pas été achevée. Toutes les infrastructures font penser à un pénitencier.

bienfaiteurs de nous aider dans la réhabilitation de nos bâtiments.»

D’après les habitants de la province, c’était une promesse de campagne du candidat Ndadaye. «Il l’a dit, lors d’un meeting à Kirundo», assure C.K., un septuagénaire du centre-ville Kirundo. Pour la population de Kirundo, c’était une bonne chose. «A cette époque, la province Kirundo éprouvait des difficultés dans le domaine de l’éducation», indique un autre habitant de la province. Selon lui, il y avait un manque criant de lycées publics à régime d’internat. «Il n’y avait que deux lycées : le Lycée pédagogique de Kanyinya, qui était réservé aux filles, et le Lycée pédagogique Mukenke dans la commune Bwambarangwe.» D’après les témoignages recueillis, les élèves, surtout les garçons, avaient du mal à trouver une école. «On était obligé d’envoyer nos enfants dans d’autres provinces. On s’est réjoui car cette décision était salutaire ».

En octobre 1993, la crise éclate. Le président Melchior Ndadaye est assassiné. Malgré la tragédie, il fallait se battre pour que cette manne ne leur passe pas entre les doigts. «L’administration, appuyée par l’Association des natifs de Kirundo, a approché les hautes autorités en particulier le ministère de l’Education Nationale afin que la promesse soit traduite dans les faits», raconte Jean Bosco Nkeraguhiga, conseiller principal du gouverneur de l’époque.

Selon lui, la transformation de la prison en une école a commencé en 1996. «Les autorités de l’époque nous ont beaucoup aidé.» L’administration locale approche aussi la Regideso et l’eau et l’électricité sont installées. «Il fallait faire vite car on voulait que l’école commence avec la rentrée scolaire 1996-1997 ».

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