Présidentielle en RDC : Tshisekedi et Kamerhe font voler en éclats l’accord de l’opposition

Les leaders de l’UDPS et de l’UNC s’étaient accordés, avec cinq autres ténors, sur le nom de Martin Fayulu comme candidat unique face au camp du président Joseph Kabila.

L’unité n’a même pas tenu vingt-quatre heures : deux poids lourds de l’opposition congolaise ont annoncé, dès lundi 12 novembre, qu’ils se retiraient de l’accord qu’ils avaient signé la veille pour désigner un candidat unique de l’opposition à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC).

Les présidents de l’UDPS, Félix Tshisekedi, et de l’UNC, Vital Kamerhe, affirment avoir reculé sous la pression de leur base à Kinshasa, après l’accord surprise à huis clos, à Genève, avec cinq autres ténors sur le nom d’un outsider méconnu, Martin Fayulu.

D’après cet accord, M. Fayulu, à la tête d’un petit parti peu représenté au Parlement, devait défendre les chances de l’alternance face à l’ex-ministre de l’intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis près de dix-huit ans et qui a accepté de se retirer.

Coup de théâtre

Tout semble à refaire au sein de l’opposition après le coup de théâtre de lundi soir.

« J’ai compris que l’acte posé à Genève a été mal compris et rejeté par la base. Par conséquent, je retire ma signature de cet accord que nous avions signé hier dimanche au nom de l’UDPS », a déclaré M. Tshisekedi à la radio Top Congo. Très en colère, les militants réunis au siège de l’UDPS à Kinshasa lui avaient demandé plus tôt dans la journée de ne pas se retirer au profit de M. Fayulu et de maintenir sa candidature.

« On ne comprend pas pourquoi il peut se désengager pour un candidat impopulaire. Pour nous, à l’UDPS, c’est un affront. Nous disons que le président Tshisekedi doit se ressaisir et revenir à la raison », avait déclaré le secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund. « Dans le cas contraire, c’est la base qui décide, il sera destitué, avait menacé Simon Kashama, militant de l’UDPS. On n’a pas fait trente-six ans de lutte pour chercher un candidat commun mais pour chercher une alternance et conquérir le pouvoir. »

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