Crise anglophone au Cameroun : libération de 10 élèves kidnappés à Kumba

Les autorités camerounaises ont annoncé le 21 novembre la libération de 10 élèves et de leur principal enlevés la veille dans la ville de Kumba (Sud-Ouest). Deux des preneurs d’otages auraient également été neutralisés. 

Dix élèves du Lord’s Bilingual Academy de Kumba – région anglophone du Sud-Ouest – et leur principal ont été libérés le 21 novembre, 24 heures après leur enlèvement. Ils étaient retenus par des individus attribués aux milices sécessionnistes qui opèrent dans cette partie du Cameroun. Selon les autorités camerounaises, cette libération fait suite à une intervention des éléments des forces de défense dans le camp des preneurs d’otages. Le bilan des autorités fait état d’au moins deux assaillants neutralisés, ainsi que des armes saisies.

Les élèves libérés avaient été capturés la veille, alors qu’ils se trouvaient sur le campus de leur école. Selon un riverain joint par Jeune Afrique, les ravisseurs étaient arrivés en bande sur des motos. « Ils étaient nombreux. Ils ont débarqué aux alentours de midi [le 20 novembre, ndlr]. Pendant que certains bloquaient l’entrée, d’autres ont escaladé la barrière. J’ai entendu des coups de feu, et je me suis caché », rapporte-t-il. Les élèves auraient par la suite été emmenés à l’extérieur de l’établissement, avant d’être conduits vers le camp des ravisseurs.

Pour l’heure, le Lord’s Bilingual Academy a été fermé et les enfants ont été rendus à leurs familles. « Nous ne savons pas quand les classes pourront reprendre », a confié, inquiet, un membre du staff de cette école.

Recrudescence des enlèvements

Les prises d’otages perpétrées par les milices sécessionnistes qui opèrent en zone anglophone sont de plus en plus récurrentes. Dans la majorité des cas, des rançons sont demandées avant la libération des otages. « C’est une bande de brigands qui cherchent à attirer l’attention et ils semblent réussir, mais en face, nous ne leur laisserons pas de répit », souligne Didier Badjeck, le porte-parole de l’armée, qui reconnaît « la recrudescence de ce mode opératoire ».

En effet, après l’enlèvement spectaculaire des 79 élèves du collège presbytérien de Nkwen à Bamenda, le 5 novembre, pas moins de cinq autres cas de kidnapping ont été signalés. À Buea, un enseignant et un membre du staff de l’université de la ville, enlevés le 17 novembre, sont toujours introuvables après leur enlèvement. À Kumba, deux étudiants du Collège d’enseignement technique supérieur ont été brièvement enlevés ce jour-là avant d’être relâchés le lendemain.

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