A la frontière mexicaine, les rêves brisés des migrants de la « caravane »

A Tijuana, les migrants attendent de pouvoir s’enregistrer auprès des autorités américaines, qui traitent les demandes au compte- gouttes. L’un a décidé de repartir, l’autre de rester. Autour de Jorge Arturo Garcia, un attroupement s’est formé. Après des semaines de marche depuis le Honduras, l’ouvrier agricole a décidé de rentrer chez lui. Quitter le stade de Tijuana où s’est arrêtée la « caravane » de migrants partis d’Amérique centrale mi-octobre à la poursuite de l’impossible : franchir la frontière mexicaine puis demander l’asile aux Etats-Unis. Le silence s’est fait dans le groupe. Comme des dizaines de migrants, Jorge Arturo Garcia est vêtu d’un tee-shirt à la gloire d’une équipe de foot latino-américaine, héritage du passage de la « caravane » à Mexico, mi-novembre. Le jeune homme a la gorge nouée. Que dire quand on rebrousse chemin après avoir parcouru 4 600 km avec sandales et baluchon ? « Il n’y a personne pour nous aider aux Etats-Unis », se borne-t-il à expliquer.