Karim Lebhour, correspondant de RFI à l’ONU de 2010 à 2014, livre dans son ouvrage un regard décalé et ironique sur le « machin » vu de l’intérieur.

C’est une plongée dans les arcanes des Nations unies, une chronique grinçante et fine sur les coulisses du siège de l’organisation, immense tour de verre et d’acier en plein cœur de New York. Correspondant de RFI à l’ONU de 2010 à 2014, après cinq ans au Proche-Orient, Karim Lebhour a fait le choix du regard décalé, avec beaucoup d’ironie et d’auto-ironie que renforcent encore les dessins d’Aude Massot, pour raconter de l’intérieur le « machin », comme l’appelait de Gaulle. Le mot fit florès. L’ONU a mauvaise presse dans les opinions publiques et notamment en France. « Si les Nations unies ne remplissent pas leur mandat, la faute en incombe aux Etats membres qui soit ne donnent pas à l’ONU les moyens dont elle a besoin, soit s’opposent à son action »,rappelle dans la préface Gérard Araud, aujourd’hui ambassadeur à Washington après l’avoir été à New York.

Le siège des Nations unies est un immense labyrinthe où travaillent quelque 6 000 fonctionnaires. Il n’est pas évident pour le petit nouveau d’y trouver la salle de presse. Les codes maison sont encore plus étonnants, avec le briefing quotidien du porte-parole du secrétaire général (SG) qui aborde tous les grands problèmes dans une lénifiante langue de bois diplomatique. Chaque mot est soigneusement pesé, le SG est « préoccupé » ou, quand c’est vraiment grave, « profondément préoccupé », voire dans certaines situations exceptionnelles « horrifié ». Et le secrétaire général lui-même – à l’époque le Sud-Coréen Ban Ki-moon –, 

Publicités