La traite humaine reste un crime largement impuni, dénonce l’ONU

Les trafiquants profitent notamment des nombreux conflits à travers le monde pour conserver une certaine impunité, déplore un rapport des Nations unies.

La traite d’êtres humains, qui concerne hommes, femmes, enfants victimes d’activités criminelles allant de l’exploitation sexuelle au prélèvement d’organes, reste largement impunie à travers le monde, déplore un rapport des Nations unies publié lundi 7 janvier.

Malgré une tendance récente à l’augmentation du nombre de condamnations prononcées pour des faits relevant de la traite humaine en Afrique et au Moyen-Orient, « le nombre total [de condamnations] dans ces régions reste très faible », explique un rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), dont le siège est à Vienne.

« Les trafiquants ne risquent pratiquement pas d’être traduits en justice », ajoute ce document qui appelle à renforcer la coopération internationale pour poursuivre les réseaux criminels.

Le rapport, compilant des données jusqu’à l’année 2016, note qu’à cette date jamais les pays connaissant des situations de conflits armés n’ont été aussi nombreux au cours des trente dernières années. Or, l’existence d’un conflit armé « renforce le risque de traite d’êtres humains » car ces conflits s’accompagnent souvent de la défaillance des autorités, de déplacements forcés de populations, de l’éclatement des structures familiales et d’une précarité économique, souligne l’ONUDC.

L’exploitation sexuelle, forme la plus répandue

La traite à des fins d’exploitation sexuelle est de loin la plus courante, représentant 59 % des victimes identifiées en 2016.

L’ONUDC cite notamment le cas de milliers de filles et de femmes de la minorité yézidie asservies par le groupe Etat islamique (EI) en Irak. L’une d’elles, Nadia Murad, est l’une des deux lauréates du prix Nobel de la paix 2018qui l’a distinguée pour son activisme en faveur des victimes.

Publicités