Présidentielle en RDC : le camp de Martin Fayulu plaide pour un recomptage des voix

Des milliers de documents ont fuité, selon lesquels l’opposant, qui a saisi la Cour constitutionnelle, serait le véritable vainqueur de l’élection.

Les avocats de Martin Fayulu ont présenté devant la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC), mardi 15 janvier, leurs arguments en faveur d’une invalidation des résultats de l’élection présidentielle du 30 décembre proclamant vainqueur un autre opposant, Félix Tshisekedi.

Dans une salle pleine à craquer, Me Toussaint Ekombe a appelé la Cour à « annuler les résultats provisoires de l’élection présidentielle proclamés par la CENI », la Commission électorale nationale indépendante. L’avocat a affirmé que M. Fayulu était le véritable vainqueur de l’élection présidentielle et avait réuni 8 648 635 voix, selon les résultats compilés par son camp. Il a demandé à la Cour d’ordonner un « recomptage des voix » : « La Cour devra rectifier le résultat erroné publié par la CENI et proclamer M. Fayulu définitivement élu. »

M. Fayulu conteste les résultats provisoires proclamant M. Tshisekedi vainqueur de la présidentielle avec 38,57 % des voix et le créditant de la deuxième place avec 34,8 % des suffrages. Il dénonce un « putsch électoral » du président sortant, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, avec la « complicité » de M. Tshisekedi, et revendique la victoire avec 61 % des voix. Les avocats de M. Tshisekedi et de la CENI ont demandé à la Cour de confirmer les résultats. Le parquet a plaidé pour que la Cour déclare le recours « irrecevable ».

Plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle est notamment chargée de trancher les contentieux électoraux. Elle a huit jours pour rendre sa décision à partir du dépôt, le 11 janvier, du recours de M. Fayulu. La décision a été mise en délibéré mardi en fin d’après-midi.

Kabila en position de force

M. Fayulu s’appuie sur les conclusions de l’influente Eglise catholique. Affirmant avoir déployé 40 000 observateurs le jour du scrutin, celle-ci a mis en doute le résultat annoncé et souhaité que le Conseil de sécurité de l’ONU demande à la CENI la publication des procès-verbaux de la présidentielle. Mais le Conseil a adopté mardi une déclaration dans laquelle il se borne à « prendre note » des résultats de la CENI et appelle chacun « à préserver le climat généralement pacifique des élections ».

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