L’ampleur des pénuries en Syrie fait douter les fidèles du régime Assad

Alors que la guerre a cessé dans une grande partie du pays, les privations subsistent.

Les habitants d’Alep n’en ont pas fini avec les pénuries. Deux ans après la fin des combats dans la grande ville du nord de la Syrie, dont la partie rebelle a été reprise par les forces pro-régime en décembre 2016, le gaz, délivré par l’Etat, manque. Des files d’attente se forment autour des camions de distribution, mais seuls les plus chanceux repartent avec ces bonbonnes pour cuisiner et se chauffer. Le mazout, également utilisé comme source d’énergie dans les maisons, est rationné. L’alimentation en électricité reste intermittente.

Ces privations se font durement sentir. « Cet hiver est particulièrement rude. Aux pénuries s’ajoute la difficulté, pour les plus pauvres, à s’acheter du mazout ou à s’abonner à un générateur décent », note le responsable d’une association humanitaire à Alep, qui requiert l’anonymat. La ville, réputée avant la guerre pour son industrie, n’est pourtant pas la seule à souffrir : les pénuries s’étendent à l’ensemble du territoire sous contrôle gouvernemental.

Au fil du conflit, les Syriens ont dû apprendre à composer avec les privations et l’inflation galopante. Plus de 80 % d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté. Mais cette « crise du gaz », couplée à la rareté d’autres produits sur le marché, comme le lait infantile, au prix exorbitant pour de nombreuses familles, suscite depuis plusieurs semaines des critiques redoublées sur les réseaux sociaux.

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