Mozambique : après le cyclone et les inondations, une crise alimentaire menace Beira

Une semaine après le cataclysme le plus destructeur de l’histoire récente du Mozambique, les quelque 380 000 sinistrés recensés représentent désormais autant de bouches à nourrir d’urgence.

Alors que les humanitaires déchargent des cartons d’aide alimentaire de l’hélicoptère, la population de Gwara-Gwara (Mozambique) accourt aux abords du terrain de football, où un camp de déplacés est en train d’être érigé.

Femmes, hommes, enfants : tous regardent la scène avec intensité. « On a faim, on n’a rien mangé depuis des jours », lance une femme lorsqu’on s’approche. « On n’a plus rien, on n’a même pas pu prendre un sac de riz », poursuit-elle.

297 morts et plus de 1 500 blessés

Lorsque les inondations monstres provoquées par le passage du cyclone Idai ont submergé la zone le week-end dernier, Gwara-Gwara est devenue une île. Huit kilomètres plus loin, la ville de Buzi – 40 000 familles selon le recensement réalisé en 2017 – n’a pas eu cette chance.

D’hélicoptère, la vue est abasourdissante. L’eau est montée jusqu’à 11 mètres. Les survivants se sont réfugiés sur les toits, ou dans les étages des bâtiments les plus hauts. Au stade situé en centre-ville, des dizaines de personnes sont toujours assises en haut des gradins, sans bouger, et attendent qu’on vienne les secourir.

Publicités