Daesh n’en a sans doute pas fini de nuire, mais vient de perdre toute réalité territoriale en Syrie. Si la chute de son dernier bastion est d’abord l’œuvre des troupes arabo-kurdes et de la coalition internationale, un conflit a affaibli l’organisation terroriste en son sein, loin des regards.
Daesh n’a pas cessé d’exister, le jihadisme n’a pas disparu de la surface du globe et des esprits, mais ce qui se voulait naguère un « Califat » a perdu sa dernière parcelle de territoire en Syrie. Samedi, la chute de son ultime position de Baghouz a été proclamée. Depuis des années, les troupes arabo-kurdes ont lutté d’arrache-pied au sol pour faire refluer l’ombre noire du drapeau du ad-dawla al-islāmiyya, ou « Etat islamique » en arabe, obtenant finalement de priver l’organisation terroriste de son retranchement final. Depuis les airs, les frappes de la coalition internationale, notamment américaines, ont pilonné la milice salafiste dans ses quartiers.
Mais un facteur interne, passé inaperçu par la force des choses, a également pesé de tout son poids dans l’affaiblissement et la décomposition de Daesh. Ces derniers mois, ces dernières années même, le groupe s’est divisé de plus en plus profondément autour d’une querelle idéologique très violente, entraînant courses au pouvoir, suspicions et purges.