Egypte: Huit policiers tués dans une attaque revendiquée par Daesh

L’attaque a visé, ce mercredi matin, un barrage de la police à l’ouest d’al-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï en Egypte, et a fait huit morts parmi les policiers

Huit policiers égyptiens ont été tués, ce mercredi dans le nord de la péninsule du Sinaï en Egypte, lors de l’attaque d’un barrage, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI). Cinq « terroristes » ont été tués et les autres ont pris la fuite, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

L’attaque est survenue deux semaines avant le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations en Egypte, alors que pays entend démontrer qu’il est de nouveau sûr après des années d’instabilité.

Des terroristes toujours en fuite

Selon le ministère de l’Intérieur, l’attaque a visé le matin un barrage de la police à l’ouest d’Al-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï, et « a fait huit martyrs » parmi les policiers. Trois autres membres des forces de sécurité ont été blessés et hospitalisés. Cinq « terroristes » ont été tués et certains ont pris la fuite, a ajouté le ministère dans un communiqué, précisant que les forces de sécurité étaient aux trousses de ces derniers.

D’après une source de sécurité, deux des cinq assaillants avaient réussi à prendre le contrôle de deux chars de la police avant d’être abattus, l’un par des tirs en provenance d’un avion militaire et l’autre par les forces de sécurité au sol. Dans un communiqué, Daesh a revendiqué l’attaque. « Des combattants de l’EI ont lancé deux attaques simultanées contre deux barrages de la police » à Al-Arich et dans un secteur proche, a indiqué son organe de propagande Amaq.

Près de 650 djihadistes tués par l’armée égyptienne depuis 2018

Active dans le Nord-Sinaï, la branche locale de l’EI est passée d’attaques sporadiques à une véritable insurrection après la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013. Depuis, des centaines de soldats et policiers ont été tués dans des attaques attribuées au groupe djihadiste. L’armée égyptienne a lancé en février 2018 une vaste opération « antiterroriste » dans le nord-Sinaï.

Selon des chiffres officiels, environ 650 d’entre eux ont été tués, ainsi que près d’une cinquantaine de militaires égyptiens, depuis le début de l’opération. Le Nord-Sinaï est bouclé par l’armée, la presse indépendante n’étant autorisée à y accéder que lors de rares visites organisées par les autorités.

« Ansar Beit al-Maqdess », l’arme de Daesh en Egypte

Avec la perte par l’EI de l’intégralité de son « califat » en Irak (2017) et en Syrie (mars 2019), l’Egypte soupçonne le principal groupe djihadiste actif dans la région, « Ansar Beit al-Maqdess », qui a prêté allégeance à Daesh, de vouloir établir un nouveau fief dans le Sinaï.

Le groupe lance régulièrement des attaques contre les forces de sécurité en ayant recours aux mêmes procédés : bombes en bord de route, tirs de snipers et attaques de checkpoints. Ses combattants se cacheraient dans le désert montagneux. Des cellules dormantes mènent également des attentats dans Al-Arich et ailleurs en Egypte.

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