5 ans après l’assassinat de Khadafi.


Cinq ans après l’assassinat de Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011, les Libyens qui avaient cru qu’en se débarrassant du dictateur, ils retrouveraient la liberté et la démocratie, semblent gagnés par l’amertume et le désespoir. La déception est d’autant plus grande que l’espoir de vivre dans la paix et la cohésion, se réduit de jour en jour comme peau de chagrin. Car, le pays va à vau-l’eau. Et le premier responsable de cette situation n’est autre que la communauté internationale. En effet, elle a aidé à envoyer ad patres le Guide de la Révolution et de la Grande Jamahiriya, mais elle n’a pas assuré le service après-vente. Conséquence : les milices et djihadistes de tous poils qui étaient tapis dans l’ombre, se sont emparés de la Libye et ont fait d’elle un tombeau à ciel ouvert. Si bien que certains en viennent aujourd’hui à regretter l’ère Kadhafi. Et l’on peut comprendre leur douleur. En effet, sous l’ère Kadhafi, les libertés étaient certes confisquées, mais les Libyens avaient au moins la paix, le pain et la sécurité. Mais aujourd’hui, ils n’ont ni la liberté, ni la paix, encore moins la démocratie pour lesquelles certains Libyens ont accepté le sacrifice suprême. Une grosse désillusion donc ! La situation du pays est d’autant plus désespérante que le gouvernement dit d’union nationale n’arrive pas à porter l’estocade à l’Etat islamique (EI) qui a mis une partie de la Libye sous coupe réglée.

Aucune thérapie n’a été trouvée au mal qui ronge la Libye

En assassinant Kadhafi, on a certes réussi à se débarrasser d’un dictateur, mais force est de constater que cinq ans après sa mort, on est loin d’avoir résolu les problèmes des Libyens. Bien au contraire, on semble les avoir décuplés. Car, on aura finalement permis aux mouvements terroristes d’essaimer la bande sahélo-saharienne, voire au-delà. A titre d’exemple, on peut citer l’EI qui donne aujourd’hui du fil à retordre aux armées de la sous-région ouest-africaine. Que ce soit au Burkina, en Côte d’Ivoire ou au Niger, ce groupe terroriste frappe sans pitié. D’ailleurs, il ne serait pas exagéré de dire que ce mouvement terroriste menace aujourd’hui la sécurité mondiale, étant donné que même les nations les plus puissantes essuient de temps en temps, la furie de ce monstre sanguinaire. Kadhafi qui dirigeait son pays d’une main de fer, constituait un véritable rempart, aussi bien contre l’immigration clandestine que contre le terrorisme. En tout cas, cinq ans après le départ de Kadhafi, les défis restent entiers, car aucune thérapie n’a été trouvée au mal qui ronge la Libye. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Des rencontres sur la pacification de la Libye, il y en a eu plusieurs. Mais le problème reste posé. Pas plus tard que le 19 octobre dernier, 5 pays voisins de la Libye, étaient en conclave au Niger en vue de trouver une solution appropriée au problème libyen. On se demande d’ailleurs si la création d’une armée unifiée avec un commandement central que ces derniers appellent de tous leurs vœux, sera la solution étant donné que les Libyens semblent incapables de s’entendre sur un minimum pour faire avancer le pays.