Le conflit israélo-arabe: Trump doit s’exprimer mercredi sur le statut de Jérusalem

Le président américain a informé, mardi, le président palestinien et le roi de Jordanie qu’il voulait transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

Ignorant toutes les mises en garde, Donald Trump a informé, mardi 5 décembre, plusieurs dirigeants du Proche-Orient de sa volonté de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Le dossier est délicat pour le 45e président des Etats-Unis qui risque, à vouloir à tout prix tenir une promesse de campagne, de faire capoter les efforts de paix de son gendre et conseiller Jared Kushner, chargé de trouver une issue au conflit israélo-palestinien.

Le locataire de la Maison Blanche doit s’exprimer mercredi sur le sujet à 17 h 30, heure locale, 23 h 30 en France. Il a d’ores et déjà informé le président palestinien Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie de son « intention » de procéder à ce transfert controversé, contre lequel nombre de pays de la région sont vent debout.

Flou sur le calendrier

Le flou demeure cependant sur le calendrier retenu par l’exécutif américain. Un scénario envisagé serait qu’il réitère avec force sa position de principe sur un déménagement de l’ambassade Tel-Aviv à Jérusalem, tout en mettant en avant la nécessité d’un délai supplémentaire pour des raisons logistiques.

Toute reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël serait un casus belli pour les dirigeants palestiniens, qui estiment que Jérusalem-Est, annexée par Israël en 1967, doit être la capitale de l’Etat auquel ils aspirent, et que le statut de la ville ne peut être réglé que dans le cadre d’un accord de paix avec les Israéliens.

Les appels contre une telle décision, aux conséquences imprévisibles, sont tombés en cascade au cours des dernières 24 heures. Parallèlement, Donald Trump multipliait les appels téléphoniques : le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, le roi Salmane d’Arabie saoudite ou encore le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.

Risque de provoquer la « colère des musulmans »

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a averti Washington qu’une telle décision risquait de provoquer « la colère des musulmans ». « C’est un pas dangereux », a prévenu le roi saoudien, selon la télévision d’Etat Al-Ekhbariya.

M. Abbas, de son côté, a mis en garde M. Trump contre les « conséquences dangereuses d’une telle décision sur le processus de paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde », selon le compte rendu de la présidence palestinienne. Pour le mouvement islamiste palestinien Hamas, « toutes les lignes rouges » ont été franchies.

« M. Trump, Jérusalem est une ligne rouge pour les musulmans », a averti, de son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Président en exercice de l’Organisation de la coopération islamique, il a précisé qu’un sommet des 57 pays membres, se tiendrait « sous 5 à 10 jours », si Washington reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël.

La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, a mis en garde dimanche soir contre « une démarche aux conséquences graves » et les risques d’« escalade ». A l’issue de l’échange téléphonique avec le président américain, le palais royal a fait savoir que ce dernier avait exprimé son « intention d’aller de l’avant dans son projet de transférer l’ambassade américaine ».

La question est la même tous les six mois depuis plus de deux décennies : le président américain accepte-t-il de déménager l’ambassade des Etats-Unis en Israël vers Jérusalem, comme le prévoit une loi adoptée en 1995, ou signe-t-il une dérogation pour la maintenir à Tel-Aviv, à l’instar du reste de la communauté internationale ?

Benyamin Nétanyahou silencieux

La nouvelle date butoir pour renouveler la dérogation tombait théoriquement lundi. Jusqu’ici, les présidents successifs ont choisi la seconde solution. Malgré sa promesse de campagne en faveur d’un déménagement, M. Trump a fini lors de la précédente échéance en juin par se résoudre à attendre, pour « donner sa chance » à la paix.

« Le président a été clair sur cette affaire depuis le départ : ce n’est pas une question de si [l’ambassade sera effectivement déplacée à Jérusalem], c’est une question de quand », a rappelé Hogan Gidley, un porte-parole de la Maison Blanche.

Le gouvernement israélien restait mardi complètement silencieux sur ce dossier emblématique et sur l’échange téléphonique entre MM. Nétanyahou et Trump.

Preuve de la tension que l’attente de cette décision suscite dans la région, les Etats-Unis ont interdit aux employés du gouvernement américain tout déplacement personnel dans la vieille ville de Jérusalem. Cette interdiction vaut également pour la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël et contigu à Jérusalem, a précisé le département d’Etat. Seuls les déplacements officiels « essentiels », assortis de mesures de sécurité supplémentaires, sont autorisés.

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