La Théocratie ou la démocratie a l’Eglise: Dieu dirige son peuple.

Une théocratie

La démocratie – le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple – est un idéal à chérir dans le domaine politique. Mais cet idéal ne s’applique pas à l’Église. Nous confessons que Jésus est Seigneur. C’est sa volonté et sa volonté seule qui doit faire autorité.

Ainsi, toute Église qui se veut Église chrétienne ne peut fonctionner sur la base de principes purement démocratiques. Elle cherchera plutôt à s’organiser sur le modèle théocratique, autrement dit, elle cherchera à être dirigée par Dieu. « Chercher premièrement son royaume et sa Justice » (Mat. 6.33) : tel sera le motif dominant de notre vie commune.

Mais qu’est-ce que cela veut dire : être une théocratie ? Comment Dieu dirige-t-il son peuple ?

Les Chrétiens sont divisés sur cette question. Voici les principales réponses données à cette question :

* Dieu dirige par le moyen des évêques (épiscopalisme).

* Dieu dirige par le moyen d’anciens (presbytérianisme – on le rencontre non seulement dans les Églises réformées, mais aussi dans des Églises de maison ou de nouvelles Églises).

* Dieu dirige par le moyen de l’Assemblée d’Église, qui réunit les membres d’une Église locale (congrégationalisme).

Le congrégationalisme

C’est le modèle qu’ont généralement adopté les baptistes (mais aussi d’autres Églises). John Smyth(1), par exemple, soutenait que c’est la congrégation (« les saints en tant que rois« ) qui dirige l’Église visible. Malheureusement, on confond souvent le gouvernement congrégationaliste de l’Église avec un gouvernement démocratique – de la même façon que l’on confond le baptême des croyants avec le baptême des adultes. Cependant, comme l’a écrit le théologien congrégationaliste P.T. Forsyth, « le congrégationalisme a été le père de la démocratie politique, et non son enfant« . Dire que Dieu gouverne par le moyen du peuple réuni en assemblée ne veut pas dire que Dieu le fait en suivant les règles habituelles de la démocratie. Il faut plutôt dire avec une Déclaration sur l’Église de 1946, que l’assemblée d’Église « est le moment où, en tant qu’individus comme en tant que communauté, nous nous soumettons à la direction du Saint-Esprit et nous nous plaçons sous le jugement de Dieu afin de connaître la pensée du Christ« .

On peut aussi choisir une autre définition : l’assemblée d’Église est « le lieu où tous les membres se réunissent régulièrement, dans un esprit de prière, partagent leurs préoccupations spirituelles les plus profondes et recherchent la direction du Saint-Esprit pour toutes les questions qui concernent leur vie commune en tant que famille de Dieu » (Daniel Webster).

L’autorité de l’Église locale

L’assemblée d’Église a une grande importance pour les baptistes. Ceci a des conséquences considérables en ce qui concerne la vie de la Fédération. Si l’autorité dernière repose sur les membres de l’Église locale, réunie au nom du Christ, il s’ensuit que toutes les formes de hiérarchie sont nécessairement exclues. Tandis que d’autres Églises ont une structure en forme de pyramide, avec au sommet un pape, un archevêque, un président de conseil, dans une Église baptiste la pyramide est renversée. L’Église n’est pas soumise à une figure humaine d’autorité, qu’elle se situe au sein de l’Église locale ou au dehors. Tout au contraire, les pasteurs, les anciens, les diacres, comme tous ceux qui exercent une responsabilité en dehors de l’Église locale sont là pour servir l’Église

Publicités