Pour le secrétaire général de l’ONU, le projet de révision de la Constitution exacerbe les tensions. Une violation de la souveraineté, pour Bujumbura.
Très critique sur le projet de révision constitutionnelle. Le secrétaire général des Nations unies a rendu aux 15 pays membres du Conseil de sécurité, son rapport sur la situation qui prévaut au Burundi. Selon Antonio Guterres, plusieurs changements proposés à la Constitution ont été mis en cause par l’opposition « comme des tentatives par le parti au pouvoir de consolider son emprise, pouvant créer des troubles.» Il se dit inquiet de la possibilité du président de briguer un autre mandat en 2020. « Ce qui risque d’exacerber les tensions avec l’opposition. »
Le secrétaire des Nations unies n’enlève pas pour autant au pays son droit souverain à amender la Constitution. Il indique néanmoins que le processus en cours requiert un environnement politique et sécuritaire qui permet la confiance de tous les acteurs politiques. Selon lui, un tel changement doit jouir d’une participation et d’un consensus les plus larges possibles parmi les acteurs clés de la vie politique.
Les propos d’Antonio Guterres surviennent dans un contexte d’enrôlement des Burundais pour les prochains scrutins qui a débuté ce jeudi 8 février. Le référendum constitutionnel quant à lui est prévu au mois de mai prochain. Un processus loin de faire l’unanimité. Les voix s’élèvent toujours pour contester l’opportunité de cette révision de la Constitution. La dernière sortie est celle de l’opposition interne et la coalition de l’opposition en exil, le Cnared. Tous convergent contre « le processus porteur de tous les dangers. »