Reporters sans frontières condamne « les tirs délibérés » de l’armée israélienne contre des journalistes à Gaza

Selon le syndicat des journalistes palestiniens, cinq journalistes ont été blessés vendredi.

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a condamné samedi 7 avril « les tirs délibérés de l’armée israélienne contre des journalistes », après la mort d’un journaliste palestinien blessé vendredi par des tirs de soldats israéliens, en marge d’affrontements près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël.

Nouvelle journée de sang à Gaza, le long de la frontière avec Israël

« Le photoreporter Yasser Mourtaja portait un gilet Presse : il a manifestement été victime d’un tir intentionnel », a rappelé sur son compte Twitter Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF.

« Nous appelons le gouvernement israélien au strict respect de la résolution 2222 du Conseil de sécurité sur la protection des journalistes, adoptée en 2015, et demandons instamment une enquête indépendante et la condamnation des auteurs de ce crime contre la liberté de la presse. »

« La cible était très clairement les journalistes »

Au total, neuf Palestiniens sont morts sous les balles de l’armée israélienne vendredi, selon le ministère de la santé du Hamas, mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, considéré comme « terroriste » par Israël. Le journaliste Yasser Mourtaja travaillait pour l’agence Ain Media, basée à Gaza, selon le communiqué. Âgé d’une trentaine d’années, il a été touché par balle lors d’affrontements à l’est de Khan Younès, dans le sud de l’enclave, selon le ministère.

Le frère de Yasser Mourtaja, Motazem, également journaliste, a affirmé qu’il se trouvait à ses côtés quand il a été atteint. « La cible était très clairement les journalistes », a-t-il affirmé. Selon le syndicat des journalistes palestiniens, cinq journalistes ont été blessés vendredi, en dépit du fait qu’ils portaient une veste indiquant leur profession.

L’armée israélienne a assuré dans un communiqué qu’elle « ne cible pas intentionnellement les journalistes », ajoutant qu’elle examinait les circonstances des tirs.

Samedi, des dizaines de proches et de confrères du journaliste tué ont participé à une procession entre l’hôpital et sa maison lors de laquelle son corps était recouvert d’un drapeau palestinien et d’un gilet « PRESS ». Présent aux funérailles, le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, lui a rendu hommage, accusant Israël d’attaquer des journalistes qui essayaient de montrer la « vraie image d’un peuple opprimé sous blocus ».

Publicités