Irak. Un attentat lors des funérailles de combattants anti-EI fait au moins 16 morts

Au moins 16 personnes ont été tuées et 14 blessées, ce jeudi 12 avril, dans un attentat à la bombe contre des funérailles de combattants irakiens tués la veille par le groupe État islamique (EI).

Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier dans le pays depuis une double attaque suicide ayant fait 31 morts à Bagdad, mi janvier. Au moins 16 personnes ont été tuées et 14 blessées, ce jeudi 12 avril, dans une attaque à la bombe contre des funérailles de combattants irakiens. « Deux bombes ont explosé au moment où le cortège funéraire entrait dans le cimetière » du village d’Asdira, a expliqué Salaheddine Shaalane, le maire de cette localité sunnite située au sud d’Ach-Charqat, un des derniers bastions repris à l’EI dans le nord du pays. « La plupart des blessés sont dans un état critique », a-t-il ajouté, laissant entendre que le bilan pourrait augmenter.

Il s’agissait de funérailles de cinq combattants du Hachd al-Chaabi tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans ce même village, situé à environ 250 km au nord de Bagdad. Les unités paramilitaires du Hachd, en majorité issues de milices chiites, ont joué un rôle prépondérant dans la lutte contre l’EI comme supplétives des forces irakiennes. Elles comptent aussi des forces tribales sunnites.

Des djihadistes se terreraient toujours le long de la frontière syrienne

Tôt jeudi, un officier de police avait indiqué sous le couvert de l’anonymat que « cinq combattants avaient été tués et quatre autres blessés lorsque des djihadistes avaient attaqué un convoi de soldats de l’armée et de membres des unités tribales du Hachd al-Chaabi ». Des blessés de l’attaque lors des funérailles n’ont pas pu être évacués vers des hôpitaux car, la nuit tombée, les habitants redoutent que des djihadistes soient encore présents sur les routes de la province de Salaheddine, qui borde celle de Bagdad au nord, ont indiqué des responsables.

En décembre, le gouvernement de Bagdad avait proclamé la « fin de la guerre » contre l’EI après avoir déclaré la « victoire » à la suite de la reprise du dernier centre urbain qui était aux mains des djihadistes. Selon des experts, toutefois, des djihadistes se terrent toujours le long de la frontière poreuse avec la Syrie en guerre et dans de larges pans du désert irakien. D’après eux, les djihadistes parviennent à prendre le contrôle de routes, notamment la nuit, et imposent de fait un couvre-feu dans certaines zones, notamment dans les provinces de Salaheddine, où se trouve Asdira, et d’Al-Anbar, qui s’étend de la périphérie ouest de Bagdad jusqu’à la frontière syrienne.

Dimanche, quatre personnes avaient été tuées et plusieurs blessées, dont une candidate à la députation, dans un attentat suicide de l’EI contre le siège d’un parti politique dans la province d’Al-Anbar. L’Irak organise le 12 mai des élections législatives. Depuis l’invasion emmenée par les États-Unis en 2003 et la chute du régime de Saddam Hussein, tous les scrutins se sont tenus sur fond de violences meurtrières.

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