Coup d’envoi du référendum constitutionnel donné l’Eglise catholique et l’opposition radicale fulminent

Référendum constitutionnel:

Coup d’envoi donné l’Eglise catholique et l’opposition radicale fulminent. C’est parti, la campagne référendaire bat son plein depuis mercredi 02 mai 2018 au nez et à la barbe de certains prélats de l’Eglise catholique et les leaders de la fameuse ONG vendeuse de vent Cnared qui multiplient déclarations et communiqués et qui ne rencontrent que des oreilles de sourds.

Les deux camps qui s’affrontent sont en ordre de bataille. Du côté majorité présidentielle qui préconise le « OUI », figure l’opposition modérée dont la deuxième force politique Uprona, le Fnl, l’Upd Zigamibanga, le Frodebu-Nyakuri, la Coalition Copa, le Prp, en tout ils sont au nombre de 20 qui se sont faits inscrits. L’opposition radicale quant à elle se divise entre les partisans du « NON » comme la coalition Amizero y’Abarundi, le Sahwanya Frodebu et les tenants du boycott qui ont toujours demandé que ce référendum soit renvoyé aux calendes grecs. C’est le cas de cette association de politiciens qui ont tenté de se propulser au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat et qui sont soutenus par certains prélats de l’Eglise catholique. Pour ces moines le retour au bercail des politiciens en exil est un préalable pour la tenue de ce référendum. Etrangement, ils savent pertinemment que bon nombre d’entre eux ne sont pas prêts à revenir au Burundi car, ayant une double nationalité, ont regagné leur seconde patrie mais aussi qu’il y’a un mandat d’arrêt international lancé à leurs trousses depuis 2015. La demande d’une nouvelle session de dialogue externe n’était qu’une nouvelle manœuvre dilatoire, l’objectif était in fine de garder le statu quo jusqu’en 2020.

Si Bujumbura est resté de marbre face à cette revendication, c’est simplement parce que les années 2014 et 2015 ont été riches d’enseignements.

En décembre 2014, les spécialistes en matière de coup d’Etat se sont réunis dans un laboratoire quelque part dans une capitale occidentale pour chercher une formule permettant à décrocher une transition politique. Après le fiasco de « Kiliba Ondes, Rugoti, cartes d’identité, ce fut la réclamation du départ de Pierre Claver Ndayicariye président de la CENI et ses proches collaborateurs.

En effet, la révocation du président de la CENI et ses proches serait un signe très éloquent prouvant à suffisance l’existence d’une crise politique au Burundi. Et pour sortir de cette crise il fallait une solution. Une solution négociée bien sûr. Peine perdue. Début décembre 2014, c’est réclamation d’une carte d’identité biométrique qui fait la une des médias, carte que l’opposition radicale soutenue par certaines organisations de la société civile et médias privés avait rejetée en 2012. Non seulement, les demandeurs savaient qu’il n’y avait plus de temps matériel pour la fabriquer et la distribuer mais aussi que bon nombre de partenaires financiers s’étaient déjà désistés. Et donc, il n y’avait pas d’argent.

La deuxième alternative, fut l’attaque armée en province de Cibitoke le 31 décembre 2014. Les marchands d’illusion regroupés aujourd’hui, en ce qu’ils ont appelé Cnared ont fait une promesse de boulot et une somme de 200 mille francs par combattant. La même nuit 61 apprenti-combattants sont tombés sur le champ de bataille, plusieurs autres se sont rendus avec leurs armes et ont dénoncé les commanditaires de cette aventure.

La troisième alternative fut le déclenchement du mouvement insurrectionnel dit : « Halte 3ème mandat SINDUMUJA !!!», cet arbre qui cachait une forêt dense avec un humus nauséabond. Melchiade Nzopfabarushe est en prison accusé d’incitation à la haine. N’a-t-on pas entendu le dimanche de Pâques 2015, jour qui a coïncidé avec le 21 ème anniversaire de l’assassinat du président Cyprien Ntaryamira , le Curé de la paroisse Régina Paccis de Kinindo, inciter les jeunes au suicide en ces termes : «Emera mupfe, mwanke kuba abaja, niyo mwazuka bazobavugiriza inzamba ». Ce qui se traduit en français : « Sacriez votre vie, n’acceptez pas d’être appelés esclaves, votre résurrection sera accueillie triomphalement». Conseil suivi à la lettre 20 jours après.

Ces hommes d’Eglise catholique n’ont pas seulement réussi à envoyer les jeunes citadins à l’abattoir, ils sont parvenus à la 25 ème heure à convaincre Spés Caritas Ndironkeye Vice-président de la CENI et présidente de l’association des Femmes juristes catholiques à démissionner qui emporta dans son sillage Mme Illuminata Ndabahagamye elle aussi commissaire de la CENI chargée de l’Administration et des finances qui furent vite remplacées le 13 juin 2015 par Annonciata Niyonkuru et Alice Nijimbere. Cette volte- face spectaculaire de la veille de la tenue des élections communales et législatives n’a pas produit l’effet escompté. Ces jeunes que le Rwanda a transformés en machine à sous, qui lui apporte des devises sont aujourd’hui dans la forêt de Nyungwe, où, ils sont entraînés militairement pour revenir déstabiliser leur pays. Quant à Spés Caritas Ndironkeye, la paroisse Saint Michel de Bujumbura n’a pas hésité à fermer son cabinet, elle est aujourd’hui nourrie au biberon par le HCR.

Agathon Rwasa de son côté joue sur la corde ethnique, il parle de l’enterrement des Accords d’Arusha dans l’unique but de susciter un sentiment de révolte au sein de la minorité, en faisant croire à celle-ci qu’elle ne sera plus représentée dans les institutions après la promulgation de cette nouvelle loi fondamentale. En parlant de la monarchie, c’est le slogan « Halte Sindumuja » qui revient. Par la monarchie, il faut entendre un pouvoir qui se transmet du père au fils. La restauration de la monarchie, c’est donc l’enterrement de la démocratie chèrement acquise.

Le présent projet de constitution une fois promulgué, mettra fin à la formation des coalitions des indépendants et la participation des anciens chefs d’Etat au sénat qui bénéficient d’une immunité parlementaire qui les met à l’abri des poursuites judiciaires pour les crimes qu’ils ont commis lors des années de gloire. C’est le caractère discriminatoire dont parle Agaton Rwasa qui se retrouvera sur le banc de touche dans 24 mois. L’actuel premier vice-président de l’Assemblée nationale du Burundi qui est au service de l’impérialisme grâce à sa position sera dès lors inutile et inutilisable. Le dossier des massacres des Banyamurenge n’étant pas clos, donc l’épée de Damoclès plane toujours sur sa tête. Ce sont ces changements qui font courir l’ ancien dictateur Pierre Buyoya qui se déplace d’un pays à l’autre avec les moyens de l’Union Africaine à la rencontre des grands du continent africain. Hier à Abidjan chez Alasane Dramane Ouattara, là même où, vivent la veuve et les orphelins du Docteur Kassy Mahrlan assasiné dans la nuit du 20 au 21 septembre 2001 à Bujumbura. Aujourd’hui à Addis-Abeba au siège de l’Union Africaine où, il vient de rencontrer le président de la Commission Moussa Faki Mahamat. Et demain ?

Pour rappel, ce ressortissant ivoirien et ancien représentant de l’OMS au Burundi a été sauvagement exécuté pour avoir recueilli des informations concernant une importante affaire de détournement des fonds destinés à la lutte contre le paludisme. Dr Kassy Mahrlan avait réuni des documents prouvant que les fonds avaient été détournés avant d’arriver au Burundi. Ce qu’il faut retenir, ne croyez pas que c’est la coalition Amizero y’Abarundi et le Frodebu de Léonce Ngendakumana qui font campagne seuls. La campagne pour le « NON » qui ne vise autre chose que le maintien du Burundi sous la coupe de l’occident, à l’instar du complot ourdi contre le pouvoir du président Pierre Nkurunziza et son parti le CNDD-FDD, il y’a trois ans et qui se poursuit, la campagne référendaire pour le « NON » en cours aujourd’hui se déroule dans plusieurs coin du monde.

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