Israël: Donald Trump ne viendra pas à Jérusalem pour l’inauguration de l’ambassade américaine

Cinq mois après la décision historique de Donald Trump, l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem s’apprête à ouvrir…

Des ouvriers ont installé lundi à Jérusalem les premiers panneaux indiquant la direction de l’ambassade des Etats-Unis qui ouvrira le 14 mai 2018, dans une semaine. Donald Trump ne sera pas présent à l’inauguration mais sa fille Ivanka y sera, ainsi que le numéro 2 de la diplomatie américaine, entre autres officiels.

Cette inauguration interviendra cinq mois après la décision unilatérale de Donald Trump de reconnaître la ville comme capitale d’Israël, une décision saluée comme historique par le gouvernement israélien et largement condamnée par la communauté internationale et par les Palestiniens.

Une inauguration sans Donald Trump, mais avec sa fille

Rompant avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international, le président américain Donald Trump a annoncé le 6 décembre dernier la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et le transfert de l’ambassade actuellement située à Tel-Aviv.

L’ambassade doit être inaugurée en grande pompe la semaine prochaine, pour coïncider avec le 70e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Donald Trump ne sera pas présent, il sera représenté par John Sullivan, numéro deux de la diplomatie américaine, mais aussi par sa fille et conseillère Ivanka Trump.

La Maison Blanche a diffusé lundi la liste de la délégation présidentielle qui sera à Jérusalem, dans laquelle figure également Jared Kushner, gendre de Donald Trump et conseiller de l’exécutif sur le Proche-Orient.

De dimensions restreintes, l’ambassade sera hébergée dans un premier temps dans le complexe de l’actuel consulat américain à Jérusalem, le temps de planifier et construire une ambassade permanente, entreprise qui s’annonce de longue haleine selon le département d’Etat.

Un appel au boycott côté palestinien

« Ceci n’est pas un rêve, mais la réalité », a dit le maire israélien de Jérusalem, Nir Barkat, remerciant Donald Trump pour sa décision « historique ». « Jérusalem est la capitale éternelle du peuple juif, et le monde est en train de commencer à reconnaître cette réalité », a-t-il dit selon un communiqué de ses services. Israël considère la décision de Washington comme la reconnaissance, ayant trop tardé, d’une réalité historique.

En revanche, pour la direction palestinienne, elle représente le summum du parti pris pro-israélien de l’administration Trump. Un haut responsable palestinien, Saëb Erekat, a appelé dans un communiqué « tout le corps diplomatique, la société civile et les autorités religieuses à boycotter » l’inauguration. Ceux qui y assisteront « délivreront le sinistre message qu’ils encouragent les violations flagrantes du droit international et des droits inaliénables du peuple palestinien », a-t-il dit.

Le Guatemala dans les pas de Trump

Israël s’est emparé en 1967 de Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville, et l’a ensuite annexée. L’Etat considère tout Jérusalem comme sa capitale « indivisible ». La communauté internationale juge l’annexion illégale et considère Jérusalem-Est comme territoire occupé. Depuis la création d’Israël, elle n’a pas reconnu Jérusalem comme capitale et considère que le statut final de la ville doit être négocié. Toutes les ambassades étrangères en Israël étaient jusqu’alors à Tel-Aviv.

Des 193 pays composant l’Assemblée générale de l’ONU, 128 ont voté fin décembre une résolution condamnant la décision américaine, dont des alliés des Etats-Unis comme la France et le Royaume-Uni. Seuls sept petits pays, dont le Guatemala, se sont alignés sur Washington.

Dans la foulée des Etats-Unis, le Guatemala a également décidé de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Son président Jimmy Morales y est annoncé le 16 mai prochain.

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