Un coup de tonnerre absolument inattendu

Insolite!

Dans son discours lors de la promulgation de la nouvelle constitution, Pierre Nkurunziza vient de faire couler beaucoup d’encre et de salives ! Il a déclaré sans tergiverser : Je ne me représenterai plus en 2020. Un coup de tonnerre absolument inattendu.

Dans cet amalgame, je suis touché par nombre de vous qui me sollicitez mon humble analyse sur ce qui vient d ;arriver-

D’abord en âme et conscience, je dois admettre qu’en toute humilité (contrairement à mes autres amis analystes qui se sont empressés a sortir des articles dignes de documentaires de fameuses théories du complot, les mêmes analystes qui ont aussi dès le soir du 14Mai, ont intoxiqué l’opinion nationale a l’idée que le putsch était plutôt l’invention de la victime même, ou encore ceux-là même qui s’empressent a nous sortir un cocktail d’analyses mélangeant les FDLR, Julius Malema, les médecins chinois, Zuma, le discours de 2015, Kikwete, la fameuse blessure, la Russie, Macron, Kagame, L’Angola, et je ne sais plus quoi encore… bref un véritable poto-poto pour encore une fois spéculer et tenter de démontrer qu’il y a rien de nouveau et que c’est un simple muchezo wa ndani ! Mais a ces analystes, je leur dis, allons-y molo-molo ! Car perso, je doute très fort chers amis ! Il se peut que Nkurunziza vient de présenter un grand tournant au peuple Burundais, et osons regarder les choses en toute lucidité.

Rappel sur les faits, en 2010, Nkurunziza détenait certes le classique langage diplomatique de brouiller les pistes sur ses intentions de se présenter, il disait « Si on me le demande je me représenterai plus ….. Ou encore, c’est au parti de décider de qui sera candidat » Mais la, rappelons-nous, il était au bout de son 1er mandat-et il avait donc le plein droit d’y spéculer car y a aucune loi qui le lui interdisait en effet.

Evitons aussi de confondre son dernier discours de 2015 avec celui-ci qu’il vient de tenir en 2018– Nkurunziza ne s’est jamais contredit jusqu’ ici sur ce point (je mesure mes mots croyez-moi). En 2015, lors des manifestations contre le fameux mandat de controverse, il s’est exprimé à la RTNB dans un discours a la Nation, disant que ca serait son dernier mandat (ce mandat même qu il preste), la même phrase a été reprise lors de son investiture en catamini a l’Assemblee Nationale, affrmant encore que ce mandat serait en effet le dernier (car dans ce cas, lui etait certes « convaincu » que la confusion de 2015 lui donnait ddonc droit de se representer)

Mais cette fois ci, mes chers amis, osons appeler un chat un chat ! Pierre Nkurunziza a été cette fois ci on ne peut plus éloquent, il y avait rien d’équivoque dans son langage.

Simplement, Je propose ici a chacun d’écouter attentivement son discours en Kirundi, et Iwacu a d’ailleurs si bien traduit cela en Français, je n’y reviendrais pas en détails, mais voici les phrases clés qui ne sont pas passées inaperçues :

Nagira menyeshe Abarundi n’Amakungu ko tutazivuguruza : traduit comme: « J’aimerais dire aux Barundi et au monde que je ne me contredirai pas !  » Et ici ia un certain moment, l a tenu à même précisément faire référence au serment de 2015 qui disait qu’il va faire son dernier mandat- Il fallait aussi voir la determination melangE d’emotions qu’avait Nkuru lors qu’il ajouta « Umugabo ntiyihindukiza mwijambo, selon la culture meme du pays et du parti CNDD FDD- Akarangamutima »

Ensuite, « Ikiringo cacu kizorangira muri 2020 » traduit comme Mon mandat expirera en 2020. En general, les fameuses rhetoriques politiciennes, pour quelq’un qui compte faire un Mchezo wa Ndani riment au style « on vera ce que la loi dit, c’est le people qui decide, bla bla »

N’essayons pas non plus de malignement interpréter la fameuse phrase de « Je m’engage a servir le pays jusqu’à la fin de mes jours » comme une déclaration de prolongement de son mandat- Cette phrase est simplement une façon de dire qu’il sera toujours la a accompagner le processus, le classique langage d’un chef d’état. La preuve est qu’il dit juste un peu avant : Niyemeje gushigikira Umukuru Wigihugu MUSHASHA tuzokwitorera » (Un NOUVEAU Chef d’état que nous allons choisir)- « Nouveau » donc pas celui que vous avez maintenant!

Et ensuite, ce qui est plus révélateur, est que Nkurunziza renchérit en finissant par se moquer de tout ce monde (journalistes, opposants, société civile) ceux-là même qui s’étaient empressés à affirmer que la nouvelle constitution était pour lui permettre de rester jusqu’ en 2034 : Que ceux qui confessent le fassent des aujourd’hui (Abihana bihane) ! Un peu du style « Je vous ai eu avec vos fake news »

Ici, je dois personnellement admettre que j’avais eu la même self-interrogation dans mon poste precedent que j’ai titré « Akagohe nkebura ba DD » car l’Article 97 de cette nouvelle constitution stipule bien que « Nul ne pourra faire plus de deux mandats consécutifs » et pire, il y aucune disposition qui précise à partir de quand l’on remettra les pendules à zéro. Donc les mandats actuels comptent toujours dans la nouvelle constitution. Si NKurunziza aurait voulu se représenter en 2020, et pour eviter toute confusion,il aurait fallu une disposition Transitoire qui dit que les précédents mandats ou même l’actuel mandat ne comptent pas avec la nouvelle pour mesure d’exception» Il suffit de voir comment la Constitution Rwandaise a été amendée en 2015 pour comprendre cette petite nuance juridique. Et donc, ce que j’affirmais dans mon poste avec doutes certes, finit pas être vrai : Nkurunziza l’a donc voulu ainsi.

Il fallait voir le visage des dignitaires qui etaient assis la au Stade de Bugendana- Un silence de cimetiere s’est directement imposE car il faut admettre qu’il a surpris plus d’un (surtout tout ce monde qui ont tant investi en lui et lui seul).

Mon prochain poste vous exposera mon analyse sur son eventuel calcul, la course à sa succession qui va bientôt démarrer au sein du systeme DD, les fameuses guéguerres internes pour se positionner, les nouvelles nominations qui vont bientot tomber, et surtout l’on evoquera le terrible changement de donne que Nkurunziza vient de lancer a ses detracteurs surtout l’opposition et a la société civile en exil- car « combattre un pouvoir (aussi dictatorial qu’il soit) mais qui offre une alternance malgré tout, n’a jamais été facile à avoir comme langage dans une lutte en 2018. Il leur faudra certainement changer de stratégie.

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