
Trois personnes plus les deux assaillants ont été tués. Il s’agit de la première attaque contre ce QG de la force conjointe regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad, lancée en 2017 pour lutter contre les djihadistes.
Un attentat-suicide, revendiqué par un groupe djihadiste, a frappé vendredi 29 juin pour la première fois le quartier général de la force antidjihadiste du G5 Sahel à Sévaré, dans le centre du Mali, faisant trois morts, à trois jours d’une rencontre entre les dirigeants de cette force et Emmanuel Macron. Deux des auteurs de cette attaque sont également morts, dont un kamikaze à bord d’une voiture piégée.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a revendiqué l’attentat dans un appel téléphonique de l’un de ses porte-parole à l’agence privée mauritanienne Al-Akhbar, connue pour recevoir et diffuser régulièrement des communiqués de cette mouvance.
Il s’agit de la première attaque contre le quartier général de la force conjointe, lancée en 2017 par le G5 Sahel, organisation régionale regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad.
Suspects arrêtés
Elle intervient à trois jours d’une rencontre à Nouakchott, en marge du sommet de l’Union africaine dans la capitale mauritanienne, entre le président français Emmanuel Macron, qui soutient cette initiative, et ses homologues du G5 Sahel.
Le dernier bilan s’élevait à deux militaires de cette force et un civil tués, selon les services du chef de l’Etat nigérien Mahamadou Issoufou, président en exercice du G5 Sahel, et le gouverneur de Mopti, chef-lieu de la région, le général Sidi Alassane Touré.
Le gouvernement malien a précisé dans un communiqué que les deux soldats tués appartenaient à son armée. « Nous avons arrêté quatre suspects », a déclaré le gouverneur à l’AFP, ajoutant que les opérations de ratissage se poursuivraient jusqu’à l’aube. Les assaillants étaient au nombre de six et parlaient en bambara et en peul, a affirmé dans la soirée une source au sein de la force du G5 Sahel. Selon le porte-parole du groupe dirigé par le chef islamiste touareg malien Iyad Ag Ghaly, cité par l’agence, les assaillants ont utilisé une voiture piégée et des « infiltrés » pour perpétrer l’attentat.
Tout le mur d’entrée a été soufflé par la déflagration, qui a projeté le véhicule à l’intérieur de l’enceinte, selon des témoins et les images diffusées après l’attaque.
Les bâtiments de couleur jaune et rose du poste de commandement de la force conjointe, opérationnel depuis octobre 2017, abritent des officiers de liaison des cinq Etats membres.
« Conditions de sécurité précaires »
Dans des communiqués publiés à New York, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le Conseil de sécurité ont condamné l’attentat « dans les termes les plus fermes » et menacé de sanctions ses commanditaires.