

Burundi: le chef de la diplomatie fete 15 ans de mariage et une nouvelle villa! Le Burundi dont on parle moins, n’est-ce pas? Nul ne peut nier que les FDD CNDD ont bâti des villas plus que tous les dignitaires que le Burundi a connus depuis son indépendance. Ne leur demandez pas de justifier l’origine des fonds. Ils travaillent, prennent de la peine. Et comme l’a déclaré Jean de la Fontaine, c’est le fonds qui manque toujours le moins. La preuve.
Quand j’ai reçu les photos de la villa, pour ne pas parler de palais du chef de la diplomatie burundaise, je me suis souvenu d’un échange auquel j’ai assisté entre mon ancien ministre Laurent Kavakure et celui qui était alors ambassadeur du Burundi à Nairobi.
L’ambassadeur Ezéchiel Nibigira se plaignait alors des retards récurrents des paiements des loyers et frais de scolarité des enfants des diplomates. Et de déclarer sous le ton de menaces : » J’en ai marre que les bailleurs kényans viennent me mettre en demeure de déguerpir de leurs bâtiment parce que les loyers de la chancellerie et de la résidence ne peuvent jamais nous être versés sans retard. Et c’est inadmissible que mes enfants soient malmenés à l’école parce que les frais de scolarité arrivent toujours avec des mois de retard. J’ai de comptes bien garnis à Bujumbura. Je dois souvent effectuer des transferts pour éviter l’humiliation à mes enfants. Je vais demander à être rappelé dans les meilleurs délais et retrouver une vie normale à Bujumbura. Diplomate ? Non, merci ! »
Et dans l’avion de l’ONU qui nous transportait de Nairobi vers Mogadiscio, j’ai pensé à cette mégalomanie de l’ambassadeur. La peur des attentats récurrents en Somalie m’a fait revenir aux réalités plus préoccupantes. Le déjeuner avec le président somalien a été très copieux : fédération, langoustines et autres mets exquis de la gastronomie somalienne. Dans le camp-bunker de l’Amisom on se croyait aux véritables nations unies dans un bar où plus de cent nationalités se côtoyaient ! La Somalie, la partie invisible de l’iceberg c’est du business !
Et quelques mois plus tard, l’ambassadeur Ezéchiel Nibigira regagnait Bujumbura avant la fin de son mandat et se voyait proposer l’autorité de régulation des marchés publics.
Ancien directeur des impôts, ancien président de la Ligue des Jeunes Imbonerakure, le chef de la diplomatie burundaise est un homme riche et il lui plaît désormais de le montrer à la ville et au monde.
Le ministère lui permettrait désormais de servir un pays ou un système qui lui a tout donné. J’aurais dû taire la conversation supra mais devant cette exhibition de richesses, l’obligation de réserve d’un ancien cadre de la diplomatie burundaise n’est plus de mise. J’ai horreur de la vanité.