En Ethiopie, plus d’un million de déplacés après des violences communautaires

Les affrontements entre Gedeo et Guji, qui ont fait au moins 200 morts, pourraient être liés à l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed.

Quand elle s’est échappée, Medehanit Yosef avait déjà perdu les eaux. Une pluie diluvienne s’abattait sur son village situé dans la zone administrative de Guji Ouest, en région Oromia, en Ethiopie. C’était début avril. « Ils ont brûlé les maisons, ils ont tué des gens avec des machettes. C’était horrible », raconte-t-elle. Elle a accouché dans la rue, puis elle a fui avec sa famille et ses voisins. « Ces souvenirs me hantent », poursuit la mère de quatre enfants.

Depuis quatre mois, Medehanit vit avec des centaines de personnes dans un bâtiment public de Chelelektu, un village à 400 km au sud d’Addis-Abeba, la capitale. Ce site est l’un des nombreux camps de fortune destinés aux déplacés d’un conflit qui demeure hors des radars médiatiques. Des affrontements ont en effet opposé des Gedeo, dont la population s’élève à environ 1,8 million de personnes, à des Guji, un sous-groupe des Oromo (la communauté majoritaire du pays), qui en compte plus de 5 millions. Les violences ont provoqué des dégâts matériels – près de 20 000 maisons ont été brûlées – et fait au moins 200 morts. Une première vague de déplacés internes s’est formée en avril, puis une seconde, massive, en juin.

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