Gaza : nouveaux raids israéliens après une pause précaire dans les hostilités

Au moins 18 Palestiniens ont été blessés jeudi dans la ville de Gaza par un bombardemennt de l’armée israélienne. La veille, trois Palestiniens ont été tués lors d’un échange de tirs entre le Hamas et Israël.

Au moins 18 Palestiniens ont été blessés dans la ville de Gaza, jeudi 9 août, par une frappe de l’armée israélienne. L’Etat hébreu a repris ses attaques après une pause de quelques heures dans les hostilités engagées la veille.

Le mouvement islamiste Hamas, qui dirige la bande de Gaza, et ses alliés avaient décidé de faire taire les armes jeudi après avoir tiré vers le territoire israélien plus de 180 roquettes et obus de mortier dans la nuit de mercredi à jeudi. La lourde riposte aérienne d’Israël contre plus d’une centaine de cibles a tué trois Palestiniens, dont une femme enceinte de 23 ans, son bébé de 18 mois, ainsi qu’un homme appartenant à la branche armée du Hamas.

Un calme précaire s’était instauré dans l’après-midi dans le territoire et sur ses pourtours israéliens à la suite de l’annonce par les groupes armés palestiniens qu’ils considéraient « cet épisode d’escalade comme terminé ». Mais cette accalmie a été remise en cause quand une roquette a atterri près de Beer-Sheva, à une quarantaine de kilomètres de Gaza.

L’engin n’a pas fait de dégât ni de victime, mais ressemblait fort à un avertissement lancé à Israël. Selon les médias israéliens, c’est la première fois en effet depuis la guerre de 2014 qu’une roquette est envoyée à une telle distance, et non pas à proximité immédiate de Gaza.

Représailles

En apparentes représailles, des témoins palestiniens ont rapporté trois nouvelles frappes israéliennes en fin d’après-midi. Aucune victime n’a été rapportée, mais le centre de la ville de Gaza a ensuite été secoué par une forte explosion dégageant une épaisse fumée noire. La frappe, qui a fait 18 blessés selon le ministère gazaoui de la santé, a atteint un bâtiment abritant un centre culturel et d’autres bureaux.

Il n’était pas possible de savoir jeudi soir si ces frappes annonçaient un nouvel accès de fièvre et une riposte du Hamas. Mais la menace d’une quatrième guerre dans la bande de Gaza depuis 2008 continue de planer sur la région. L’issue de discussions indirectes engagées par Israël et le Hamas avec l’entremise de l’Egypte et de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour dissiper ce spectre et tenter d’établir une trêve durable est plus incertaine que jamais.

Les accès de fièvre se multiplient depuis le 30 mars et le début d’un mouvement de protestation palestinien le long de la barrière pour dénoncer, entre autres, le blocus imposé par l’Etat hébreu à l’enclave. Les tensions ont été exacerbées par le transfert, le 14 mai par les Etats-Unis, de leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Au moins 165 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars. Un soldat israélien a été tué le 20 juillet près de Gaza, pour la première fois depuis 2014.

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