« Accord provisoire » entre le Vatican et la Chine sur la nomination d’évêques

Présenté comme imminent depuis deux ans, « l’accord provisoire » sur la nomination d’évêques est le fruit de négociations qui durent depuis des années.

Le Vatican a annoncé par un communiqué, samedi 22 septembre, la signature, à Pékin, d’un « accord provisoire » avec la République populaire de Chine « sur la nomination des évêques ». Plusieurs fois présentée comme imminente depuis deux ans, cette annonce est le fruit de négociations qui durent depuis plusieurs années entre le Saint-Siège et Pékin.

Pour le Vatican, l’accord vise à remédier à la division des catholiques chinois entre une Eglise officielle étroitement contrôlée par le pouvoir chinois, dont sept des évêques ne sont pas reconnus par Rome, et une Eglise « souterraine », dont les trente évêques ne sont pas reconnus par Pékin. La politique du Saint-Siège a consisté, ces dernières années, à favoriser l’unité de ces communautés « officielle » et « clandestine ». Mais elle ne va pas sans susciter des critiques dans certains secteurs de l’Eglise, qui craignent que les catholiques fidèles à Rome dans les plus grandes difficultés en fassent les frais.

Le communiqué du Vatican dit que cet « accord provisoire » a été signé, pour le Saint-Siège, par le sous-secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Antoine Camilleri, et, pour Pékin, par Wang Chao, ministre adjoint des affaires étrangères. Le caractère provisoire, est-il précisé, laisse entrevoir « la possibilité d’un réexamen périodique de son application ». Néanmoins affirme le Saint-Siège, « il crée les conditions d’une meilleure collaboration bilatérale ». « L’espoir partagé est que l’accord puisse favoriser un processus de dialogue institutionnel fructueux et tourné vers l’avenir et puisse contribuer positivement à la vie de l’Eglise catholique en Chine, au bien commun du peuple chinois et à la paix dans le monde. »

« Ce n’est pas la fin d’un processus, c’est le début », a commenté Greg Burke, le porte-parole de la salle de presse du Vatican. Pietro Parolin, le secrétaire d’Etat (numéro 2) du Vatican, a expliqué pour sa part que dans cet accord, « l’objectif du Saint-Siège est pastoral, c’est-à-dire d’aider les Eglises locales pour qu’elles jouissent d’une situation de plus grande liberté, d’une plus grande autonomie, de la possibilité d’une meilleure organisation et qu’ainsi elles se consacrent à l’annonce de l’Evangile ».

Il s’agit donc, pour les signataires, d’un premier pas, qui porte uniquement sur les nominations d’évêques. Celles-ci cristallisent les tensions entre les deux signataires. Pour le Saint-Siège, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec la République populaire de Chine depuis l’expulsion du nonce, en 1951, et le transfert de l’ambassade à Taipeh (le Vatican est l’un des derniers Etats à entretenir des relations diplomatiques avec Taiwan), le choix des évêques par le pape est la condition de l’exercice de la liberté religieuse. Pour Pékin, permettre à une autorité extérieure de nommer souverainement des responsables est inconcevable.

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