Le drible du docteur Jean MINANI pour vendre le CNARED-GIRITEKA

Le Dr Jean Minani concrétise son deal avec le pouvoir Nkurunziza. Il embarque le CNARED-GIRITEKA vers Bujumbura et confirme encore que la trahison demeure toujours dans son ADN politique, lui qui joue constamment la neutralisation de ses compagnons de lutte en faveur des dictateurs au pouvoir. Il l’a déjà fait sous le Major Pierre Buyoya pour protéger les commanditaires du putsch d’octobre 1993 et fragiliser le Sahwanya-FRODEBU. Il récidive cette fois en émiettant sa plate-forme politique. A cause de son action, deux camps s’affrontent désormais dans les rangs du CNARED-GIRITEKA. Il y a ceux qui s’engagent à le suivre à Bujumbura et ceux qui ne savent plus où aller, notamment les « frondeurs » du CNDD-FDD.

En effet, Pierre Nkurunziza va se servir de ces pions sacrifiés pour maquiller démocratiquement la parodie électorale de 2020, avant de les liquider un à un dans une nouvelle phase du plan « Safisha. » Ceux qui vont rester en exil vont alors créer leur propre parti ou accepter finalement cette fin brusque de leur carrière politique. Le Dr Jean Minani n’est pas pour autant le seul à négocier son retour au pays. Il est parvenu simplement à devancer Alexis Sinduhije qui expérimentait aussi cette créneau mais sans trop de succès. Bujumbura pense qu’on ne peut pas lui faire confiance. Il marche toujours avec un agenda connu et cache sous son manteau un autre plan, variant selon son humeur. Pierre Nkurunziza préfère ainsi le Dr Jean Minani à cet imprévisible aventurier politique.

Cette cassure du CNARED-GIRITEKA déstabilise alors les débris du MSD, aujourd’hui traversés par une crise grave, caractérisée notamment par une contestation unanime d’Alexis Sinduhije à la présidence de ce parti en auto liquidation très avancée. Elle confronte par contre le couple UPRONA-FRODEBU qui s’investit en faveur du pouvoir Nkurunziza, à défaut de s’approprier lui-même les commandes de l’Etat. C’est aussi une victoire du Major Pierre Buyoya et du groupe de ses marionnettes, les fameux « Seniors. » Ils visent la fragmentation de toute opposition capable de renverser Pierre Nkurunziza et mettre fin à leur système d’impunité, érigé en mode de gouvernement depuis leur assassinat du Président Melchior Ndadaye.

Maintenant, Bujumbura va procéder prochainement à un léger remaniement ministériel pour capitaliser cet achat du CNARED-GIRITEKA facilité par le Dr Jean Minani. Elle tentera ensuite de convaincre ses bailleurs traditionnels de lever leurs sanctions économiques contre le Burundi. Une manière d’étayer les conclusions défendues récemment par Michel Kafando devant le Conseil de Sécurité de l’ONU. Tous ceux qui tenteront désormais de renverser le pouvoir Nkurunziza par les armes, risquent de se taxer de « forces négatives » par cette Médiation qui se cherche aujourd’hui une sortie honorable dans sa mission au Burundi, faute d’une opposition crédible dans notre pays !

Quoi qu’il en soit, cette montagne va accoucher d’une souris ! Le CNARED-GIRITEKA ne se soucie guère du calvaire qu’endure les burundais, depuis les tractations menées par Pierre Nkurunziza pour se tisser un mandat à vie, déclenchées au milieu de son premier mandat (2005-2010). Elle décide aujourd’hui de piétiner la mémoire de toutes les victimes des manifestations d’avril-mai 2015. Des jeunes manipulés et laissés dans la gueule du loup, à la merci des escadrons de la mort de ce pouvoir illégal et illégitime. Ces manipulateurs rentrent pour servir ce pouvoir criminel et permettre à Pierre Nkurunziza de rester le « Maître des Horloges » au Burundi ! Un choix suicidaire aux effets limités.

En effet, tout ce qui se fait sans le peuple et contre le peuple, reste sans fruits politiques ni diplomatiques durables. C’est aussi le prix à payer pour cette trahison du CNARED-GIRITEKA contre la République et la Démocratie au Burundi!

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