Térence Mushano : «La CVR devrait d’abord terminer ses enquêtes, établir les responsabilités pour que la vérité éclate au grand jour »

«La décision de la CVR d’enterrer dans la dignité les restes humains est une bonne chose pourvu que cela se fasse conformément au rituel burundais », a indiqué Aloys Batungwanayo, représentant légal de l’association Amepci Girubuntu pour la mémoire et la protection de l’humanité contre les crimes internationaux.

Pour rappel, la CVR a annoncé jeudi 4 octobre qu’elle entamera dès ce mois d’octobre l’enterrement des restes humains découverts dans quelques charniers. 

Selon Aloys Batungwanayo, la CVR devrait s’assurer que tous les restes humains des victimes des tueries qui ont endeuillé le pays sont au complet. 

Il fait référence à ce qui s’est passé à Mabanda et à Kivyuka. « On a déterré une partie des ossements découverts dans des fosses communes ». Et d’ajouter que cela peut laisser présager que probablement, il y ait des parties des restes humains qui restent toujours sous terre. « Le respect de la personne reste même après sa mort».

Pour ce qui est de la question de l’identification de ces restes humains, le représentant légal de l’association Amepci Girubuntu déplore que le Burundi ne soit pas en mesure de procéder à ce travail. 

L’association AC Génocide Cirimoso n’est pas pour cette démarche de la CVR. Pour Térence Mushano, vice-président de cette association de lutte contre le génocide, la CVR devrait d’abord terminer ses enquêtes et mettre la lumière ce qui s’est passé avant de procéder aux cérémonies d’enterrement. «Elle devrait d’abord commencer par inventorier toute les fosses communes». 

Les familles des victimes doivent savoir si les leurs font partie de ceux qui vont être inhumés dignement. 

La CVR devrait d’abord terminer ses enquêtes, établir les responsabilités pour que la vérité éclate au grand jour . Selon lui la population burundaise ne doit pas attendre grand-chose d’une commission qui n’inclut pas la Communauté internationale ou l’ONU. « Les crimes de génocide et autres crimes contre l’humanité sont des crimes de droit international».

Publicités