États Unis: La Californie désarmée face aux incendies géants 29 morts.

L’incendie qui a fait 29 victimes est le plus destructeur de l’histoire de l’Etat. Les corps sont carbonisés, l’analyse génétique est le seul moyen de les identifier. De la localité, si mal nommée, de Paradise, 27 000 habitants, à 140 km au nord de Sacramento, la capitale de la Californie, il ne restait que des cendres dimanche 11 novembre. Cinq équipes de secouristes, suivies par un laboratoire mobile spécialisé dans l’analyse de l’ADN, fouillaient les décombres, les restes de chambres à coucher, les squelettes de voiture, à la recherche de quelques-unes des 228 personnes portées disparues.

Le feu a démarré jeudi matin 8 novembre sur Camp Creek Road, d’où son nom de Camp Fire. Il s’est propagé à une allure phénoménale, couvrant, selon les pompiers, un terrain de football par seconde. Dans une zone rurale des contreforts de la Sierra Nevada, parcourue de petites routes longeant les canyons, les habitants ont eu les plus grandes difficultés à s’enfuir. Coincés pare-chocs contre pare-chocs, certains ont essayé d’emprunter des détours, pour se trouver encerclés par les flammes. D’autres ont paniqué et sont partis à pied.

Plus de 6 000 maisons détruites

La Californie brûle, encore et encore. Et sur plusieurs fronts en même temps. Au nord, dans le comté de Butte, qui englobe Paradise. Déjà 31 morts, et 6 243 maisons détruites, ce qui fait du Camp Fire le plus destructeur de l’histoire de l’Etat. Au sud, dans la région de Los Angeles, le feu a pris près de la localité de Thousand Oaks, le 8 novembre, alors que les habitants étaient encore sous le choc de la tuerie du Borderline Bar, qui avait fait douze morts la veille. A 50 km de là, au bord de l’océan, l’entière population de Malibu, la cité balnéaire des stars, a dû être évacuée, dont Kim Kardashian et Alyssa Milano, en raison de l’avancée du Woolsey Fire. Dimanche, deux corps ont été retrouvés, mais les autorités n’étaient pas sûres de pourvoir attribuer leur décès à l’incendie. Plusieurs célébrités pleuraient leurs manoirs sur Instagram.

Les feux tuent régulièrement, maintenant, en Californie. Les pompiers n’y suffisent plus. Ce sont des « ouragans » de flammes

Les vents d’automne (appelés santa Ana dans le sud, diablo dans le nord, et catabatiques par les spécialistes, d’après le grec katabasis, descendre) s’en donnent tous les ans à cœur joie. Ils dévalent de la sierra, se réchauffent en perdant de l’altitude et se déplacent encore plus vite. Mais depuis la grande sécheresse des années 2014-2016, la végétation ne demande qu’à s’enflammer. Cette année, il n’a pratiquement pas plu depuis septembre. Les arbres sont desséchés. Plusieurs millions d’entre eux sont morts.

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