Le Cnared était-il une organisation viable?

La coalition de l’opposition en exil subit défection sur défection. Certains observateurs pensent qu’elle vit ses dernières heures. Est-ce que tout est perdu pour la coalition ? Eléments de réponse.

Un à un, ils claquent la porte du Cnared. Des mots comme ‘déception’, ‘échec’ émaillent les déclarations diffusées par ceux qui ont décidé d’en finir avec la plateforme. 3 ans après sa création, ils sont plusieurs à reconnaître leur déception à l’espoir de constituer une alternative au pouvoir en place. Jérémie Minani du parti RDB, Jean Bosco Ndayikengurukiye du Kaze FDD, Frédéric Bamvuginyumvira du parti Sahwanya Frodebu et Chauvineau Mugwengezo, tous pointent du doigt la direction de la plateforme qui ‘s’est écartée des objectifs fixés lors de la création de la coalition’. Le Cnared nous a habitués de laver les linges sales sur la place publique et ceux qui font défection actuellement n’ont pas échappé à la règle. C’est dans des communiqués et tweets qui sonnent comme un véritable règlement de comptes qu’ils ont décidé de décrocher. A peine sortie de la coalition, ils disent déjà préparer une réplique au Cnared. Tous veulent une version de la coalition ‘plus responsable, à même de jouer pleinement son rôle de sauver le pays’. La direction du Cnared parle d’alibi infondéOnésime Nduwimana, le porte-parole du Cnared indique que les raisons avancées par ceux qui font défection sont à chercher ailleurs. Pour lui, ils ont toujours saboté tout projet de développement de la coalition. « Qui n’a pas vu les lettres écrites pour dénoncer l’unification de l’opposition intérieure et extérieure (initiative de Nairobi et Entebbe) » Pour rappel, la direction du Cnared a rencontré l’opposition interne à Nairobi au mois de janvier puis à Entebbe au mois de septembre de l’année dernière. Objectif : parler le même langage et adopter une position commune sur les questions telles que le respect de l’accord d’Arusha et les pourparlers d’Arusha. Une rencontre qui sera vite contestée par de grands leaders de la plateforme qui déplorent le fait de n’avoir pas été consultés pour une réunion de grande importance. L’ancien porte-parole du Cndd-Fdd en exil évoque aussi un putsch tenté au mois de juin dernier pour renverser la direction de la plateforme. C’est le même groupe qui a par la suite perdu les élections. Mauvais perdant, dit-il, ils essaient maintenant de calomnier et de discriminer une plateforme qui a ‘quand même fait son chemin malgré toutes ces difficultés connues du public et non connues’. La direction du Cnared estime que « ce clan voudrait faire un groupe indépendant, mais trouve qu’aussi longtemps que le CNARED existe, il serait difficile pour lui de percer d’où la stratégie de partir un à un. » Une stratégie qui semble fonctionner. D’autres départs sont annoncés pour très bientôt. Difficile dans ces conditions de savoir si le clan Jean Minani va contrer l’hémorragie et limiter la casse. Un divorce irréversible avec à la clé deux familles qui se regardent en chiens de faïence est plus qu’envisageable.

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