2019, « année de l’Afrique » pour les marchands d’armes russes

Devenu le deuxième plus gros producteur d’armement de la planète, la Russie intensifie son offensive sur le continent africain.

« Make Africa Safe ». C’est sous ce titre, en anglais et en russe, que Rosobonexport, l’agence russe d’exportation d’armes créée par un décret de Vladimir Poutine en novembre 2001, a annoncé sa participation du 22 au 24 janvier au Salon international sur la sécurité et la défense « Shield Africa 2019 » qui s’est tenu à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Une présence plus que symbolique, s’est réjoui dans un communiqué son directeur général, Alexandre Mikheiev, « car 2019 devrait devenir l’année de l’Afriquepour la coopération militaro-technique de la Russie ».

« Nous connaissons bien les besoins de nos partenaires et amis », poursuivait le patron de l’agence, en assurant « travailler avec succès » avec la Communauté de développement de l’Afrique australe et le G5 du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad). « Je suis sûr, a-t-il ajouté, que les produits russes qui ont été testés en situation de combats réels correspondent à 100 % à l’objectif de faire de l’Afrique un territoire plus sûr. »

« Coopération globale »

Cette autopromotion, qui s’appuie délibérément sur l’intervention militaire russe en Syrie déclenchée en septembre 2015, a de quoi nourrir l’inquiétude des Occidentaux. Moscou, devenu le deuxième plus gros producteur d’armes au monde en détrônant le Royaume-Uni, ne cesse d’accroître sa présence sur le continent africain, en se positionnant clairement comme une alternative aux anciennes puissances coloniales.

Dès 2016, le chef du Kremlin avait, dans un document de politique extérieure, validé la stratégie : « La Russie élargira sa coopération avec les Etats africains sur une base bilatérale et multilatérale (…) en développant des relations économiques et commerciales mutuellement bénéfiques, en instaurant une coopération globale, et en contribuant à prévenir les conflits régionaux et les situations de crise ainsi que les règlements post-conflit en Afrique. » En octobre 2018, le ministère russe des affaires étrangères précisait : « Parallèlement à la coopération politique, commerciale et humanitaire, la Fédération de Russie fournit une assistance multiforme aux partenaires africains pour la résolution des conflits internes, et la lutte contre la menace terroriste, dont la propagation s’est intensifiée après les événements bien connus en Libye. »

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