Burkina : les attaques jihadistes détruisent l’harmonie entre chrétiens et musulmans

Les attaques récentes des jihadistes contre des chrétiens du Burkina Faso ébranlent la cohabitation harmonieuse entre religions dans ce pays pauvre du Sahel où des violences intercommunautaires ont déjà commencé à émerger.

“Le Burkina a toujours été réputé comme un pays de tolérance. Nous devons travailler à maintenir cette richesse que nos ancêtres nous ont léguée”, a déclaré le président Roch Marc Christian Kaboré.

Le “pays des Hommes intègres” compte 65% de musulmans pour 35% de chrétiens, selon des chiffres de 2018, et était jusque là souvent cité en exemple pour la coexistence pacifique entre les deux communautés. 

Depuis quatre ans, le Burkina est confronté à des attaques fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes jihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’organisation État islamique au grand Sahara (EIGS).

D’abord concentrées dans le Nord, elles ont ensuite visé la capitale Ouagadougou et d’autres régions, notamment l’Est, et fait depuis 2015 près de 400 morts, selon un comptage de l’AFP.

Moins de couples mixtes ?

Depuis deux semaines, les chrétiens sont particulièrement ciblés. Trois attaques récentes semblent prouver qu’il s’agit d’une nouvelle stratégie. Quatre catholiques ont été tués lundi dans le Nord lors d’une procession, alors que deux églises, une protestante et une catholique, ont été attaquées dans les jours qui précédaient (12 morts).

“Les attaques prennent de plus en plus pour cibles édifices et responsables religieux, visant ainsi à opposer les différentes confessions”, estime Aboubacar Hugo, de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB). 

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